Partager l'article ! Kundara, l'errance d'une Afro Européenne..., début du chapître 4: Auteur: Dr SYLLA TATI IBRAHIM En avant première, nous vous invitons à ...
CHAPITRE 4
Aube d’une vie qui se songe
J’étais là devant la gare de la grand ville
Hagarde, les yeux perdus vers l’infini
Et je serais restée encore un peu
Si les clameurs de la foule n’avaient pas attiré mon attention…
Je me dirigeais alors vers ces hululements…
Tous ces « oh ! » d’admiration
Devant la parade d’une confrérie que je nommerais
Confrérie des gouspins, matricides de l’Afrique
Pêle mêle les vivants et les morts
Amin Dada, Mobutu, Bokassa
Ces mafieux que les colons nous ont laissés en héritage
Et qui anihilent toute idée
Des Etats Unis d’Afrique,
Envendredisés dans leur dernière peugeot
Limousine ou mercedes flambant neuf
Sorties tout droit de Francfort ou de Cologne
Londres, Boulogne, Billancourt, Valenciennes ou Turin…
Les hululements n’étaient autres que
L’admiration de ce bon peuple innocent
Envers ces soi-disant dignitaires de « mon désespoir »
Accompagnés des imams, qui se rendent à la grande Mosquée,
Comme chaque vendredi
(Comme d’autres, dans le même luxe décadent,
Se rendent à la grand messe chaque dimanche)…
J’imagine chaque vendredi…
Quel éclaboussement de contrastes
Dans ces rues délabrées
Des enfants, des femmes, des hommes en haillons !…
La ville, le temps d’une minute de rêve,
Avait le regard rivé vers tout ce faste,
Pour retomber l’instant d’après,
Dans son dénuement le plus misérable…
Je me souviens…
Mon enfance…
J’avais cotoyé ce genre d’individu…
Chefs religieux
Qui agissaient soi-disant au nom de Dieu,
Ces despotes, assoiffés de pouvoir,
Se pavanaient dans les rues,
Leur embonpoint en avant…
Comme ce grand oncle chez qui j’avais dû me rendre
A l’âge de quinze ans
Pour implorer de lui, la bénédiction du mariage de ma grande sœur…
Déjà je percevais cette déviation insidieuse
De la notion de femme, synonyme d’impureté
Je le sentais sur moi comme une disgrâce…
Il n’y avait rien à dire…
J’avais seulement commis le péché d’être femme,…
Tout était dans la normalité des choses,
Régi par je ne sais quelle usurpation du droit divin
Qu’il n’était nullement question de contredire…
Mon grand oncle, comme tous les autres tétrarques
Sans honneur, sans conscience de leur aliénation mentale
A l’issue de leur servitude d’autrefois
Ces résidus des colonisations
Arabo-musulmanes, judeo-chrétiennes,
-LE MEPRIS DE LA FEMME-
Ces scories étaient devenues maîtres en ces lieux…
Ephémères destins que ces ex-bénis oui oui…
Ils avaient reçu en leg de leurs maîtres
Le tître pompeux de chef de quelque chose…
Ou de quelqu’un ou de quelque endroit…
Glorieux vendredis,
Qui avaient permis à ces détraqués du pouvoir
De se pavaner dans ces défilés cocasses
Avec la dernière mercedes
Importée à coups de corruption
Laissant derrière eux
La population dans sa majorité,
Affamée et désemparée…
J’imagine,
Chaque vendredi, chaque dimanche
Ces dictateurs aux petits pieds
Se rendant à la mosquée, à l’église
Sûrs de leur bonne moralité
L’esprit en paix
Et priant leur dieu de luxe, leur dieu argent…
Toute la ville était là…
Rivée au ronflement de ces voitures flambant neuf…
Ca puait la corruption, le détournement de fonds, l’abus de pouvoir…
Vitres teintées, sans honneur, sans conscience,
Insensibles au spectacle de guenilles…
On s’imagine chacun d’eux pensant :
Après moi le déluge…
Au dehors, des femmes, des enfants, des hommes
Luttaient pour survivre
Mouraient de faim, de maladie, d’ignorance et d’indifférence…
Oui, ces enfants, espoir du continent
A qui l’on avait volé passé, présent et avenir,
Et du même coup, l’avenir de l’Afrique…
Pendant ce temps
Des messieurs mercedes, dernier cri,
Se vautraient dans la folie des grandeurs
Pour se sentir dignes héritiers
Du seigneur ex colonisateur, ex esclavagiste.
Nos fantoches du jour
Rêvaient de la dernière villa aux poignées or massif…
Ca puait la corruption, le détournement de fonds, l’abus de pouvoir,
Sans honneur, sans conscience…
On s’imagine chacun d’eux disant :
Après moi le déluge… !
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Festival International du Film Panafricain
Cannes
AVRIL 2012
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