Samedi 11 septembre 2010 6 11 /09 /Sep /2010 00:28

Auteur: Dr SYLLA TATI IBRAHIM
En avant première, nous vous invitons à découvrir la suite du quatrième chapître du manuscrit du Dr SYLLA TATI: KUNDARA.
L'errance d'une Afro Européenne ou l'errance de la Negra Europea.


Après des années passées en Europe, Kundara décide de retourner sur la terre de ses Ancêtres, terre africaine...
Merci de nous faire part de votre avis, suite à cette première lecture. KUNDARA sera publié bientôt au SENEGAL. Nous recherchons des éditeurs en Europe.
Toutes vos idées, suggestions, critiques sont les bienvenues et attendues.
Merci!
Le bénéfice de la vente de ce livre sera versé en intégralité au profit des projets de solidarité en Afrique de la FONDATION SYLLA CAAP.

NOTA BENE: ce manuscrit est protégé par son dépôt enregistré à la SGDL, (Société des Gens de Lettres).
Sa reproduction, même partielle, est strictement interdite.

CHAPITRE 4

 

Aube d’une vie qui se songe

J’étais là devant la gare de la grand ville

Hagarde, les yeux perdus vers l’infini

Et je serais restée encore un peu

Si les clameurs de la foule n’avaient pas attiré mon attention…

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Je me dirigeais alors vers ces hululements…

Tous ces « oh ! » d’admiration

Devant la parade d’une confrérie que je nommerais

Confrérie des gouspins, matricides de l’Afrique

Pêle mêle les vivants et les morts

Amin Dada, Mobutu, Bokassa

Ces mafieux que les colons nous ont laissés en héritage

Et qui anihilent toute idée

Des Etats Unis d’Afrique,

Envendredisés dans leur dernière peugeot

Limousine ou mercedes flambant neuf

Sorties tout droit de Francfort ou de Cologne

Londres, Boulogne, Billancourt, Valenciennes ou Turin…

Les hululements n’étaient autres que

L’admiration de ce bon peuple innocent

Envers ces soi-disant dignitaires de « mon désespoir »

Accompagnés des imams, qui se rendent à la grande Mosquée,

Comme chaque vendredi

(Comme d’autres, dans le même luxe décadent,

Se rendent à la grand messe chaque dimanche)…

J’imagine chaque vendredi…

Quel éclaboussement de contrastes

Dans ces rues délabrées

Des enfants, des femmes, des hommes en haillons !…

La ville, le temps d’une minute de rêve,

Avait le regard rivé vers tout ce faste,

Pour retomber l’instant d’après,

Dans son dénuement le plus misérable…

 

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Je me souviens…

Mon enfance…

J’avais cotoyé ce genre d’individu…

Chefs religieux

Qui agissaient soi-disant au nom de Dieu,

Ces despotes, assoiffés de pouvoir,

Se pavanaient dans les rues,

Leur embonpoint en avant…

Comme ce grand oncle chez qui j’avais dû me rendre

A l’âge de quinze ans

Pour implorer de lui, la bénédiction du mariage de ma grande sœur…

Déjà je percevais cette déviation insidieuse

De la notion de femme, synonyme d’impureté

Je le sentais sur moi comme une disgrâce…

Il n’y avait rien à dire…

J’avais seulement commis le péché d’être femme,…

Tout était dans la normalité des choses,

Régi par je ne sais quelle usurpation du droit divin

Qu’il n’était nullement question de contredire…

Mon grand oncle, comme tous les autres tétrarques

Sans honneur, sans conscience de leur aliénation mentale

A l’issue de leur servitude d’autrefois

Ces résidus des colonisations

Arabo-musulmanes, judeo-chrétiennes,

-LE MEPRIS DE LA FEMME-

Ces scories étaient devenues maîtres en ces lieux…

Ephémères destins que ces ex-bénis oui oui…

Ils avaient reçu en leg de leurs maîtres

Le tître pompeux de chef de quelque chose…

Ou de quelqu’un ou de quelque endroit…

Glorieux vendredis,

Qui avaient permis à ces détraqués du pouvoir

De se pavaner dans ces défilés cocasses

Avec la dernière mercedes

Importée à coups de corruption

Laissant derrière eux

La population dans sa majorité,

Affamée et désemparée…

J’imagine,

Chaque vendredi, chaque dimanche

Ces dictateurs aux petits pieds

Se rendant à la mosquée, à l’église

Sûrs de leur bonne moralité

L’esprit en paix

Et priant leur dieu de luxe, leur dieu argent…

 

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Toute la ville était là…

Rivée au ronflement de ces voitures flambant neuf…

Ca puait la corruption, le détournement de fonds, l’abus de pouvoir…

Vitres teintées, sans honneur, sans conscience,

Insensibles au spectacle de guenilles…

On s’imagine chacun d’eux pensant :

Après moi le déluge…

Au dehors, des femmes, des enfants, des hommes

Luttaient pour survivre

Mouraient de faim, de maladie, d’ignorance et d’indifférence…

Oui, ces enfants, espoir du continent

A qui l’on avait volé passé, présent et avenir,

Et du même coup, l’avenir de l’Afrique…

Pendant ce temps

Des messieurs mercedes, dernier cri,

Se vautraient dans la folie des grandeurs

Pour se sentir dignes héritiers

Du seigneur ex colonisateur, ex esclavagiste.

Nos fantoches du jour

Rêvaient de la dernière villa aux poignées or massif…

Ca puait la corruption, le détournement de fonds, l’abus de pouvoir,

Sans honneur, sans conscience…

On s’imagine chacun d’eux disant :

Après moi le déluge… !

Par Voix Africaine - Publié dans : Littérature/LITTERATURA
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