Partager l'article ! Kundara, début du second chapitre...: Auteur: Dr SYLLA TATI IBRAHIM En avant première, nous vous invitons à découvrir la suite du premier ...
Errant au hasard des chemins,
Je me retrouvais de nouveau sur le bord de mer…
Laissant la grand ville tumultueuse,
Ses cabanes de planches
Dans les quartiers à la périphérie,
Son centre ville défraîchi,
Grand ville à cœur meurtri…
L’océan vrombissait derrière moi,
Refoulant mes souvenirs sur la grève…
Je me décidais à faire quelques pas,
Les poings fermés dans les poches,
La pensée vagabonde au fil des ondes
Goûtant malgré tout
L’espace d’un fugitif instant,
La fraîcheur des embruns…
Je ne pouvais m’empêcher
De me remémorer d’autres lieux…
Là bas, en Occident,
A Etretat, en Normandie, en Bretagne, en Méditerranée,
Marseille et ses îles merveilleuses, Ratonneau, Château d’If et Pomègues…
Malheureusement souillées aujourd’hui
Par les marées noires de la civilisation du gain,
Civilisation du paraître
Civilisation du non être
Cette civilisation kleenex, usée et jetée…
Ces plages dépotoirs d’armes en tout genre…
Cet Occident, pourtant si cher à mon esprit…
Immergée dans mes pensées
Je ne pouvais me résoudre à l’idée
Que ma Mère Afrique soit oubliée des dieux
Et surtout des hommes
Je ne pouvais me résoudre à l’idée
Que les journalistes
De cet Occident qui compte
De cet Occident, qui par sa puissance, domine tout
Feignent si facilement d’ignorer
Enfants, femmes, hommes de ce continent africain,
Continent quasi rayé de la face du monde médiatique…

O Sarajevo,
Tu as défrayé la chronique
Chronique de douleurs, de souffrances et de morts…
Certes, de temps à autre,
On parlait des casques bleus en Ethiopie
Ou des guerres en Somalie, du Soudan du Zaïre, ou du Darfour,
Sans oublier le Libéria, l’Angola, le Rwanda, le Mozambique,
Ou ces morts dans les townships de Sud Afrique…
Mais ce n’était point cela qui était important
Pour les grands lecteurs
Pour les grands occidentaux si puissants et si dominateurs
Le flash à sensation
C’était toi, ô Sarajevo,
J’ai pleuré devant mon poste de télé
Ecoutant le concert de Barbara Hendrix
Voix grandiose, tendre et émouvante…
J’ai pleuré
Quand j’ai vu les yeux pleins de larmes de Kuchner…
Comme un feedback, j’ai vu un instant,
Ma terre Afrique
Douloureuse dans sa misère…
Et je me suis mise à écrire…
Aurais-je pu écrire à Kuchner ?
Son cheminement m’interpellait…
Sa présence à Sarajevo ?
Là où se trouvaient les médias,
Là où résonne le son assourdissant du tam tam de la renommée et du paraître
Est présent le grand sire du verbe
Afrique, pauvre Afrique
Non fai notizie… !
En d’autres termes,
Au chevet de l’Afrique qui se meurt, point de médias…
Je ne pense pas que le protagoniste de l’opportunité,
Je veux dire Bernard Kuchner,
Ait un intérêt quelconque
Pour ma terre africaine…
Je n’ai plus d’espérance
Ni pour l’Afrique, ni pour moi-même…
J’aurais peut-être pu écrire à l’Africain Butros Butros Ghali
Pour lui dire quoi, en fait, qu’il ne sache déjà… ?
Peut-être qu’un jour
Il faudra quand-même que je me décide à implorer Barbara Hendrix
Pour qu’elle vienne chanter ma terre Afrique
Ma terre
Où l’inespérance, la famine, la sécheresse
Font redouter le pire des pires :
La guerre des gueux…
L’Afrique du grand continent martyr
Le plus grand martyr que le monde ait connu
Pour l’instant on m’invitait seulement à pleurer pour Sarajevo
Et je l’ai fait à chaudes larmes…
Peut-être aussi comme l’ont fait avec moi
Les soit disant grands de ce monde
La grand ville aux quartiers délabrés
Aux senteurs nauséabondes
Les poubelles éventrées
La plage parsemée de détritus
Grand ville à cœur meurtri…
Bientôt, la suite du second chapitre!
Retrouvez-nous également sur PAPER.LI!
Festival International du Film Panafricain
Cannes
AVRIL 2012
Commentaires