Dimanche 7 août 2011 7 07 /08 /Août /2011 21:28

INTERVIEW de BASILE NGANGUE EBELLE

Le Festival International du Film PanAfricain de Cannes (FIFP) – Du 24 au 28 avril 2012 : « Ethique Made In France »


Pour sa 9ème édition, le Festival International du Film PanAfricain de Cannes a choisi pour thème « Ethique Made in France », un clin d'oeil au socle de valeurs communes de l'Humanité et un sourire au monde en Paix à venir. Eitel Basile NGANGUE EBELLE, directeur du FIFP nous parle de cet événement exceptionnel.

Le Festival International du Film PanAfricain de Cannes

est une démarche Citoyenne et Responsable


Affiche FIFP 2010

  1. D’où vous est venue l'idée de créer le festival International du Film PanAfricain de Cannes ?

L'idée d'initier un Festival International du Film PanAfricain à Cannes est une démarche citoyenne. Lorsqu'on constate une absence, une injustice ou une inégalité, tout citoyen se doit de réagir, de proposer des solutions, d'impulser le changement. En l'espèce, il n'y avait pas d'événement fort pour célébrer le cinéma PanAfricain à Cannes, Capitale du Cinéma Mondial. Je me devais d'apporter ma petite pierre à l'édifice et participer au « Mieux Vivre ensemble » en France. Nord-Sud Développement (Association qui produit le Festival International du Film PanAfricain), par son expertise dans la promotion des Cultures du monde, a relevé ce défi en 2004. Ce projet était en gestation depuis la création de Nord-Sud Développement à Lille en 1997. Nous rêvions à l'époque d'associer Musique et Cinéma lors de nos productions de concerts . Le Cinéma est un art exceptionnel. La force de l'image dans la construction de l'Être est un outil indispensable. Je voulais un espace où le monde Panafricain rencontre le reste du monde. Le Festival PanAfricain est mondial (Afrique, Caraïbes, Amérique, Asie, Europe, Pacifique). Le Festival International du Film PanAfricain de Cannes est un cadre ouvert aux réalisateurs du monde entier. Cependant, seuls les réalisateurs panafricains (descendants d'Africains quelque soit leur origine et leur nationalité, nationalité africaine) peuvent proposer des sujets ne mettant pas en scène des acteurs ou /et des espaces panafricains.

  1. Pour promouvoir ce festival il faut un investissement énorme, d’où vient-il ?

Toute entreprise est avant tout le fruit de ses créateurs et de ses dirigeants. Tout projet entrepreneurial doit d'abord reposer sur la capacité de l'entreprise à s'autofinancer. Ce postulat confère une garantie d'indépendance. Notre démarche repose sur l'Ethique. Or, peu d'entreprises sont réellement dans une dynamique Ethique. Nous ne bénéficions d'aucune subvention. Ce n'est pas faute d'avoir monté des dossiers. L'essentiel de nos ressources provient des dons de nos membres et de nos sympathisants. L'échange (troc) et/ou la mise à disposition de compétences, la réelle coopération avec les autres entreprises alternatives demeurent pour nous un atout non négligeable. Notre projet se veut durable et cohérent. Sa construction et son développement doivent se faire dans le respect de l'environnement. Notre rôle est de servir de ressort, voire parfois de première marche aux créateurs. Nous privilégions les financements alternatifs. Nos partenaires : l'Hôtel Univers de Cannes, le Cinéma Star, Soleu d'Aqui, UFCM, Artisan du Monde, Ecohérence, le Club Sawa International, Ngonda Sawa o Canada, nous soutiennent pour la réussite de cette belle oeuvre.

 

  1. Avez-vous eu du soutien de personnalités de la diaspora (financier, moral) ?

Oui, de nombreuses personnalités « Conscientes » de la diaspora panafricaine ont toujours soutenu moralement le Festival International du Film PanAfricain de Cannes. Celui de la regrettée Jenny Alpha a été essentiel en 2005. Elle a accepté dès la naissance du Festival d'en être la Marraine. Par la suite, Diva Pavesi (Bresil), Danila Ribeiro (Bresil), Firmine Richard (Antilles /France), Gérard Essomba (Cameroun/France), Emile Abossolo Mbo (Cameroun / France), Nacer Bakti (Algérie / Suisse), Nolda Di Massamba (Congo), Alexandre Ogou (France), (Andrea Spence (USA), Rhamatou Keita (Niger / France), Marie Ange Barbancourt, Laurentine Milebo (Congo / France), Veronique Doumbè (Cameroun / France /USA), Mohammed Ahed Bensouda (Maroc / France) Djoe Joseph Dunoyer (Antilles / France), Alain Nkossi Konda (Congo/USA/Allemagne), Kristo Numpuby (Cameroun / France), François-Xavier Gbre ( France / Côte d'Ivoire), Boulou Ebanda de B'Beri (Cameroun / Canada)... et bien d'autres ont toujours répondu présents.

 

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Basile Ngangue Ebelle, au centre

 

Plusieurs raisons nous font choisir Cannes pour vous offrir

un Festival aux couleurs du Coeur

 

  1. Pourquoi la ville de CANNES ?

Plusieurs raisons nous font choisir Cannes. Notre association, « Nord-Sud Développement », ainsi que la majorité de nos membres sont cannois. Cannes est une ville dynamique, belle et la Capital du cinéma Mondial. Les synergies qui se créent autour du Festival nous renforcent dans notre choix de Cannes. Par ailleurs, je suis président de l'association « Village du Suquet (Vieux Cannes) dont l'objectif est de mieux vivre au Suquet. Je vous invite à venir visiter mon village, cette perle lors de votre passage à Cannes. Tous ces ingrédients dynamisent notre volonté de vous offrir le Meilleur de nous -mêmes. Un Festival aux couleurs du Coeur.

  1. Comment voyez vous la place du cinéma africain actuellement en France et à l’international ?

Il doit prendre sa place. Il doit être à l'image d'une Afrique qui gagne (être déjà demain) et véhiculer le Rêve. Cela passe par la prise en compte de la réalité de son marché. Le potentiel est énorme. Le cinéma (l'art en général) est le reflet d'une grande liberté. Les réalisateurs africains sont en train de se défaire des contraintes  d'un « cinéma imposé » et le public aime. Le Nigeria est un bon miroir. Il faut cependant gagner en qualité tout en restant soi-même. La clé est dans la qualité (techniques) des oeuvres et l'indépendance des réalisateurs par rapport au schéma classique. Ce dernier doit être dans la Magie de l'originalité. Il ne faut pas attendre de l'autre une quelconque reconnaissance. Mais exister par soi-même. Être conscient de son apport dans cette communauté universelle. Être Acteur de son destin. S'apprécier tout en appréciant l'autre, sortir de la demande, être dans la capacité d'offrir une alternative. Le monde en a plus que jamais besoin. Dans chaque coin de la planète, la diaspora doit investir, créer des salles de diffusion, mettre en place des circuits de distribution, en somme développer une industrie du cinéma. Améliorer le modèle nigérian. Dans tous les cas, le meilleur est à venir.

L'élargissement des ateliers cinéma permettra

aux jeunes et aux adultes de découvrir les métiers du cinéma

  1. Le festival est à sa 9e édition, auriez vous d’autres projets culturels ?

Nous avons pleins de projets. Nous tissons au quotidien le lien social à travers nos projections mensuelles, l'accompagnement de projets, des artistes, l'organisation de concerts, la production discographique ou d'autres événements culturels ou sociaux. Nous prévoyons plusieurs concerts dont l'un avec Kayo Fujino, la soprano japonaise que nous suivons depuis 14 ans. Plusieurs partenariats se mettent en place avec la MJC Picaud de Cannes, Cannes Cinéma, Cannes Kréol, d'autres associations dont les associations Panafricaines au niveau local, national et international.

  1. Quel est le nombre de visiteurs que réunit le Festival International du Film Panafricain chaque année ?

Le festival accueille tous les ans de plus en plus de monde. Et l'élargissement des ateliers cinéma permettra aux jeunes et aux adultes de découvrir les métiers du cinéma et d'accroitre le nombre de festivaliers pour 2012. Nous accueillons en moyenne 2500 personnes par édition.

  1. Pensez vous que la nouvelle génération de la jeunesse africaine en France est sensible au 7e art ?

Oui, il faut lui proposer de beaux films. Des moments de rêve leur permettront de se réaliser, voire de se réconcilier avec eux -mêmes. Ils ont parfois une vision négative de l'Afrique et de la culture africaine. La négation d'une partie de soi-même est un énorme handicap. Le cinéma est une excellente thérapie à condition qu'il soit valorisant.

  1. Pouvez-vous dresser un bilan rapide de cette 8ème édition du FIFP ?

 

C'est une très belle édition à la lumière des films récompensés. Une ouverture exceptionnelle dans l'un des meilleurs palaces de Cannes. Cadre somptueux, un subtil mariage entre la finesse africaine et la gastronomie française. Une véritable union d'amour entre ces belles et fortes cultures. L'honneur d'avoir accueilli les meilleurs professionnels. Une grande Marraine, « Catherine Ruelle ». Un grand président de jury Mohammed Ahed Benssouda. Un palmarès digne des grands festivals (voir ci-dessous).

 

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Membres du Jury de l'édition 2011

 

Confessions de l’invité

  1. Une passion 

La Vie, être en permanence à la quête de la Paix

 

  1. Un livre préféré ?

« Nation Nègre et Culture » de Cheikh Anta Diop

 

  1. Un plat africain préféré ?

Le ndolé végétalien (aux champignons) accompagné de miodo (Bâton de manioc).

 

  1. Un message d’encouragement pour tous les jeunes Africains désirant se lancer dans le cinéma ?

Intégrer les trois éléments qui feront de leur projet une réussite : la volonté, la foi et la persévérance.

 

  1. Un dernier mot à adresser à nos lecteurs ?

Nous donnons aux festivaliers rendez-de-vous à Cannes du 24 au 28 avril 2012. Ils peuvent dès aujourd'hui organiser leurs séjours avec notre concours pour le prochain festival. Un événement exceptionnel doté d'un magnifique programme qui se clôturera avec un dîner de Gala dans l'un des palaces de Cannes. Quant aux réalisateurs, ils peuvent télécharger la fiche d'inscription et nous envoyer leurs oeuvres. Par ailleurs, le Festival 2012 lance « un Dikalo Music Award » afin de dénicher et de donner un coup de pouce aux talents qui manquen de visibilité.

Toutes les informations sont sur notre site www.festivaldufilmpanafricain.org

 

Palmares

I – Section Longs Métrages Fictions

 

Pour sa juste interprétation, sa maîtrise et son talent, ainsi que pour son réalisme dans l'approche du personnage principal du film, le jury a décidé d'accorder :

Une mention spéciale à :

«Lloyd Watts» pour son interprétation dans le Film « The Human Web » de Benedict Dorsey – (U.S.A)

Le Jury a aussi eu un coup de cœur pour :

Sa façon de mise en image réussit, d'une vie rythmée par des mystères, entre les rêves de femmes, les hommes bleus et le silence du désert.

 

«Taxiphone» de Mohammed Soudani (Suisse)

 

Pour son ambition, sa technique visuelle et sonore, sa direction d'acteur et sa façon d'aborder une page d'histoire, avec douceur et sagesse, à travers une autobiographie, sensible et empreint de beauté.

 

Le Prix du Meilleur Long Métrage de la 8ème édition du Festival International du Film PanAfricain

de Cannes 2011 est attribué à :

 

« Ahmed Gassieux » de Ismaël Saidi (Maroc / Belgique)

 

II – Section Films Documentaires

 

Pour sa qualité d'écriture parfaitement maîtrisée et son point de vue mature et moderne, d'une catégorie d'Africains en quête de perspectives de carrières professionnelles, leur permettant une vie confortable, qui apparaît très éloignée de la pauvreté de leur enfance.

Pour son audace et sa façon de mettre en image 50 ans d'histoire tumultueuse d'un monde secret et d'un système qui perdure aujourd'hui dans les 14 colonies françaises et Afrique.

 

2 mentions spéciales du Jury ont été décernées pour les documentaires suivants :

  • « Forerunners » de Simon Wood (Afrique du Sud)

  • Et « Françafrique » de Patrick Benquet (France)

 

Pour son côté historique et esthétique et sa façon de reconstitution filmique de l'histoire du destin d'ANGELIQUE, sa façon de résistance et son courage ainsi que pour l'hommage et la dignité rendue en image à cette femme noire de la nouvelle France ignorée par le temps, Marie - Josèphe Angélique.

 

Le prix du Meilleur Documentaire 2011 est attribué au film :

«Les Mains Noires, Procès de l'Esclave Incendiaire » de TETCHENA Belange (Canada)

 

Le prix de la

 

III - Section Films de Court Métrage 2011 est accordé au film :

«Viagem a Cabo Verde» de Joce Miguel Ribeiro (Portugal)

 

 

Pour toute information sur la prochaine édition du festival international du film panafricain, RDV sur le site:

www.festivaldufilmpanafricain.org

 



Par Voix Africaine - Publié dans : Culture/ CULTURA - Communauté : Le griot des Etats Unis d'Afrique
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