VOYAGE EN AFRIQUE,
AU CŒUR DES COMITES AFRICAINS DE LA FONDATION SYLLA CAAP
Il y a parfois, des moments dans la vie d’une personne que le destin s’ingénue à bouleverser!
Imaginez…! Oui, imaginez que ce destin frappe à votre porte, et par des propos très avenants, qui résistent à toute argumentation possible d’hésitation, tienne ce langage:
« Après plus de 30 ans d’absence, l’Afrique, singulièrement le Sénégal et toute la famille réclament ta présence. Je te propose un voyage de 10 jours, au Sénégal, avec la Fondation Sylla Caap. Il s’agit entre autre d’aller à la rencontre, sur le terrain, des Comités Caap de Dakar et de Saint Louis pour des séances de travail de coordination de nos actions et de l’élaboration des projets en voie de construction. »
Cette proposition prenait l’allure d’un « appel », qui venait réveiller en moi tout ce qui était enfoui dans mon subconscient de l’oubli entretenu par la force du temps qui passe, inexorablement puissant, qui annihile toute velléité de nostalgie du pays; nostalgie moteur de l’envie et de la mémoire.
Au-delà de la « couverture » médiatique que j’ai faite des déroulements des rencontres et démarches opérationnelles, quant à la formulation des missions et des projets de la Fondation Sylla Caap, au travers des Comités de Dakar et de Saint Louis, ce voyage fut, dans tous ses aspects, ponctué de richesses autant sur le plan humain, à tous les niveaux, que sur le plan de la vie fonctionnelle des Comités cités.
De part et d’autre, il s’agissait, notamment, de l’identification des obligations nouvelles dans le domaine des objectifs retenus dans les projets en cours ou à mettre en chantier. C’était aussi la première participation à ces rencontres de l’Association AFRIQUE EUROPE AFRIQUE, qui a son siège à Valence, doublée du partenariat avec RADIO MEGA de la même ville, qui est une radio libre communautaire.
Ce premier contact, donc, pour moi, c’était de découvrir, connaître et comprendre le fonctionnement autonome et interne de ces Comités Caap de Dakar et de Saint Louis, ses dirigeants et leurs implications concrètes et profondes dans le dispositif. Ce qui m’a permis de réaliser des reportages, sous formes de magazines sonores diffusés dans le cadre des émissions que j’anime sur RADIO MEGA , puis de les graver sur CD, mis à disposition de la Fondation Sylla Caap.
Donner la parole aux acteurs sur le terrain me semblait être la démarche la plus judicieuse et la plus parlante,et qui reflète au mieux la « photographie » non imagée mais concrète de leur engagement et de leurs actions, dont la finalité est de contribuer réellement au développement du pays, avec l’ambition fondamentale de celle-ci à toute l’Afrique subsaharienne.
Quant à mon regard sur le SENEGAL d’aujourd’hui, il est double. D’une part, c’est celui d’un journaliste, qui est une observation globale socio politique et économique des résultats de la politique du « Sopi », prôné par la majorité du Président Wade, aux commandes des affaires du pays, dont le résultat reste mitigé, pour ne pas dire de déception de la part des Sénégalais. D’autre part, c’est aussi une redécouverte de la capitale Dakar, dont la population explose démesurément. On y perçoit l’allure d’une mégalopole, envahie par la migration de la campagne paysanne sur la périphérie de la capitale sénégalaise, à telle enseigne que le cauchemar des embouteillages anarchiques de la circulation en voiture semble terriblement insoluble.
Si, comme l’on a tendance à le dire et le croire, le développement économique d’un pays se mesure à l’aulne de construction d’immeubles, de bâtiments, de maisons individuelles, gages de patrimoine foncier, donc, signes de richesses à la fois d’épargne et d’investissements financiers, -citons ce vieil adage: « quand le bâtiment va, tout va... » Je ne suis pas sûr que cela soit vrai pour les pays en voie de développement. Car, en effet, cette voie qui se vérifie dans sa réalité vraie, dans les pays riches occidentaux, n’est pas l’apanage des pays en développement, qui, pour cela, manquent cruellement d’organisation juridique fiable qui attire les investisseurs étrangers pour participer, avec confiance, à l’accroissement et la consolidation des instruments et outils indispensables à toute ambition de développement économique d’un pays. Le Sénégal n’échappe pas à ces conditions sine qua non de toute volonté politique de développement économique, subordonné à l’industrialisation et à la planification des capacités de production artisanale, qui prennent appui sur le fondement social du pays. En somme, il ne s’agit de faire l’économie de sa politique, mais la politique de son économie, dans le respect de ses engagements politiques et des promesses au pays. Rien ne permet, aujourd’hui, de dire que c’est le cas au Sénégal.
Le second regard, que j’avance, après ce séjour de 10 jours, c’est le désoeuvrement accablant des jeunes qui, naturellement, viennent gonfler les chiffres du chômage endémique, comme dans certaines capitales d’Afrique de l’Ouest. La démocratie n’est pas un vain mot au Sénégal. Si l’intégrisme islamique n’a pas de prise sur le pays de Léopold Sedar Senghor, il est à craindre, en revanche, que la population qui est à 90% musulmane, soit gangrenée par une forme insidieuse de pratique religieuse « malsaine », qui freine le moteur du développement économique à tous les niveaux.
Comme le laissait entendre l’un de mes interlocuteurs: « ce que je vois autour de moi, me fait penser à la fameuse phrase de Marx; (« la religion est l’opium du peuple »). Et cela se vérifie même dans les programmes des émissions de la RTS (radio Télévision Sénégalaise) de l’Etat.
Je terminerai par l’autre versant de mes observations:
*« point d’achèvement en 2004, de sa nouvelle politique économique, de l’harmonisation de sa TVA, (quand la population dénonce la vie chère, qui ne fait que s’accentuer, notamment dans la périphérie de Dakar); le Sénégal a accédé à l’initiative des pays pauvres très endettés (PPTE) et obtenu un apport de 40 milliards de F CFA. Certains pays ont annulé leur dette envers le Sénégal, la France, (197 milliards), le Japon, (40), ainsi que les Etats-Unis et la Chine… Les 120 députés vont obtenir à crédit des voitures 4x4 qui vont coûter 2 milliards au Trésor…
Le pays enregistre également le taux de prévalence du SIDA le plus faible de la région... »
Mamadou Jean Michel KOUROUMA,
Dit Doudou
* extrait de l’article: « Un second mandat pour Abdoulaye Wade? », paru dans AFRICA INTERNATIONAL, avril 2005
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