Le titre de ce Billet d’Humeur pourrait être : Pilotage à vue. Je veux parler de la gouvernance du Sénégal. Les exemples qui m’amènent à cette déduction sont si nombreux
que je vais à l’essentiel.
Il y a trois semaines mon humeur était tellement massacrante, pour mon entourage, que je me suis demandé si je ne frisais pas la paranoïa. Imaginez ! La température extérieure oscillait entre 35 et 40 degrés, qui marque la saison de l’hivernage qui sévit dans toute l’Afrique subsaharienne, et qui n’épargne pas le Sénégal, tout au contraire. C’est la période des grandes chaleurs qui peuvent s’étaler sur plusieurs semaines. Au Sénégal, c’est aussi une période cauchemardesque pour les sénégalais, et particulièrement pour les Dakarois. Que l’envie vous prenne, pour des raisons (X), de vous rendre au centre ville de Dakar, capitale du Sénégal, depuis l’indépendance, avant d’avoir été la capitale de l’ex-AOF (Afrique Occidentale Française) pendant la colonisation, voici ce que Dakar offre à vos yeux, conséquence des récurrentes coupures d’électricité au Sénégal.(Ils) les pouvoirs du régime libéral en place appellent ces coupures des délestages .Le choix des mots en pareilles circonstances, ne sont guère des arguments, face à la population, afin que s’amenuisent la colère, la détermination de la faire savoir par des manifestations qui eurent, parfois, des allures d’émeutes, et, aussi, les admonestations de la population contre le pouvoir en place depuis l’an 2000.
Alors que, d’une manière générale, la lutte contre les pollutions de tout genre, pour réduire les effets de serre de la planète, est l’un des piliers de la bonne gouvernance d'une nation, quelle qu’elle soit, le spectacle qui s’offre à vos yeux à Dakar est édifiant.
Tout au long des grandes artères, et des rues adjacentes, tous les dix mètres (je n’exagère pas) sur les trottoirs ce sont des groupes électrogènes de toutes puissances qui suppléent aux coupures d’électricité, que les passants sont obligés de contourner pour poursuivre leur chemin. S’il n’y avait que cela, passe encore. Mais, outre les vrombissements assourdissants de ces engins, générateurs d’agression sonore, ce sont les fumées toxiques chargées de CO2 qu’ils répandent qui rend l’atmosphère irrespirable, et favorisent les affections pulmonaires et autres maladies de tout genre.
L’on a entendu des responsables de la SENELEC (Société Nationale d’Electricité), dans les médias se perdrent en conjectures d’explications, qui n’ont guère convaincu d’ailleurs la population. Il semblait même que chacun tirait la couverture sur soi, en arguant la responsabilité de cette incurie, tantôt sur la vétusté des matériels, de l’installation de la centrale, tantôt sur la mauvaise qualité du fuel qui entraînerait des pannes. Il fallait de la part de Me Abdoulaye WADE faire quelque chose de spectaculaire pour éviter que le blason du pouvoir libéral en place ne se ternisse d’avantage. Il faut dire qu’aux coupures intempestives d’électricité est venue s’ajouter la pénurie de ravitaillement en gaz butane en bonbonne.
Vous comprenez, ou vous comprendrez ma mauvaise humeur !
Eh hop… ! Allons-y pour un remaniement. Ainsi dit, ainsi fait. Mais ce ne fut qu’un mini remaniement ministériel.
L’on limogea le Ministre de l’Energie, Samuel SARR, pour qui l’on créa un poste de Chargé des Finances auprès du Président de la République. Et devinez par qui il fut remplacé ! Par celui qui détient, dit-on, le Super Ministère du Gouvernement du Sénégal qui englobe la Coopération Internationale, les Transports Aériens, les Transports de Route, les Infrastructures, et maintenant l’Energie. Soulignons, tout de même, qu’il fut «soulagé» du Ministère des Transports de Routes. Je veux parler du fils «spirituel» KarimWADE.
Et dès son arrivée à la tête de son nouveau Ministère de l’Energie, il créa un Secrétariat à l’Energie. L’on crut qu’un «miracle» s’était produit ; car, il n’y avait plus de coupures d’électricité très prolongées comme par le passé, qui étaient de l’ordre de 3 à 4 heures, parfois plus. Et l’on a droit à des jours et des nuits, en alternance, de vie « éclairées ». Ce qui ne signifie pas absence de coupures d’électricité. Faut pas rêver !... Et puis, comment se fait-il que ce qui est possible, maintenant, ne le fût pas depuis des années ?
Aussi, il faut souligner que les langues se sont déliées, par des commentaires quant aux résultats que l’on attend de ce Super Ministre. Un des leaders de l’opposition n’a pas manqué de dire, je cite : « Qu’il avait anguille sous roche, de la manière dont la politique de l’Energie est conduite au Sénégal. C’est une façon pour Me WADE de mettre son fils le pied à l’étrier en vue de le préparer pour les futures élections présidentielles de 2012. Mais les sénégalais ne laisseront pas faire.»(cf.) D’aucuns ne manquent pas d’ajouter que Me WADE utilise la politique Energétique du Sénégal pour préparer son éventuelle candidature aux élections ou celle de son fils. Le Sénégal acceptera t’il d’instaurer l’autocratie dynastique à l’instar du Gabon ?
.Cela est une autre histoire, dont nous aurons la réponse dans un futur très proche ; et nous en sommes-là pour le moment.
JM JMK dit Doudou
Correspondant au SENEGAL pour VOIX AFRICAINE
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