Aspects économiques, sociaux, politiques

Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 21:16

Afrique - Indépendance cha cha

Un article de Catherine Morand, paru dans LE MATIN DIMANCHE

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En 1960, il y a tout juste cinquante ans, la plupart des pays d'Afrique francophone devenaient indépendants. De Niamey à Léopoldville, de Fort-Lamy à Libreville, en pleine euphorie, on fête l'événement sur des rythmes de rumba et de cha cha cha. La chanson mythique du musicien congolais Grand Kalle «Indépendance cha cha» devient alors le chant de ralliement des indépendances, et le premier tube panafricain.

Aux portes des palais présidentiels se pressent aussitôt une foule d'affairistes, de «chargés de missions», de conseillers techniques «prêtés» par les ex-puissances coloniales, soucieuses de conserver des marchés captifs. Les nouveaux présidents, dociles et sensibles aux intérêts des anciennes métropoles, auront une longue carrière. Les autres seront débarqués ou rayés de la carte, sans états d'âme.

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De l'histoire ancienne? Voire. A l'heure où Pékin déboule en force sur le continent, Paris et Bruxelles semblent bien décidées à lutter pied à pied pour conserver leur zone d'influence. Pas question pour la France de broncher lorsque les présidents «amis» du Niger, du Cameroun ou du Tchad tripatouillent la Constitution pour consacrer leur statut de président à vie. Pas question non plus de moufter lorsque des fils, du «bon côté», succèdent à leur père à la tête du Togo, du Gabon ou de la République démocratique du Congo, devenues des républiques monarchiques.

Jusqu'à la fin des années 80, les chefs d'Etat africains pouvaient compter sur un appui sans faille des pays occidentaux, en les menaçant de basculer, matières premières comprises, dans le camp communiste. Aujourd'hui, c'est la Chine qui joue le rôle laissé vacant par l'Union soviétique. Le résultat est le même. Des satrapes, prêts à mettre le pays à genoux pour conserver le pouvoir à tout prix, ont les coudées franches pour mener la vie dure à leurs concitoyens, livrés à eux-mêmes, clochardisés par la prédation de leurs dirigeants.

Et par un quart de siècle de politiques néolibérales qui ont laminé les économies et les agricultures locales.

 

Pourtant, au début des années 90, beaucoup avaient cru que c'était au tour de l'Afrique de se débarrasser de ses dictateurs, comme dans les pays de l'Est. Aujourd'hui, les gens n'y croient plus. Et des millions de personnes, qui n'ont rien à perdre, rêvent de vivre n'importe où ailleurs plutôt que dans leur propre pays. Alors, 50 ans d'indépendance, ça se fête? Paris et Bruxelles ont en tout cas annoncé en fanfare leur volonté de marquer le coup par des manifestations d'envergure. Dans les capitales africaines, en revanche, les festivités s'annoncent plus réservées.

 

Catherine Morand   Le Matin Dimanche

Article original :
http://www.lematin.ch/actu/suisse/independance-cha-cha-224504

 


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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 21:37
Le rapport d'enquête de l'Onu sur les crimes commis en Guinée

Description: La commission d'enquête sur les massacres perpétrés le 28 septembre estime que 156 personnes ont été tuées ou sont disparues et que 109 femmes ont été victimes de viols ou d'autres violences sexuelles. Elle appelle à la saisine de la Cour pénale internationale.

Message: "Rapport accablant de l'Onu contre la junte"

TERRIBLES TEMOIGNAGES!!! A DIFFUSER LE PLUS LARGEMENT POSSIBLE!!!


http://www.scribd.com/doc/24407026/Le-rapport-d-enquete-de-l-Onu-sur-les-crimes-commis-en-Guinee?from_email_04_friend_send=1&emid=5033108
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A LIRE AUSSI SUR JEUNE AFRIQUE!
http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20091222170058/-ONU-enquete-Guinee-opposition-EXCLUSIF-L-essentiel-du-rapport-de-l-ONU-sur-les-massacres-du-28-septembre-a-Conakry.html
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 21:24

Boycottage des valeurs ethniques par le colonialisme 2572045599_ea27306e14.jpg

Lorsque l’Afrique entreprendra son deuil de la colonisation, elle pourra à ce moment envisager sa propre renaissance. Un peuple qui accepte de se soumettre peut mourir indéfiniment.



1884-1885, fut une date sombre dans l’histoire de la colonisation de l’Afrique. C’est en effet lors de la conférence de Berlin que les pays impérialistes décidèrent de fixer les règles du partage de l’Afrique ainsi que d’établir les frontières des territoires coloniaux.

Ces frontières furent donc tracées sans tenir compte des réalités ethniques, religieuses et culturelles africaines, obligeant ainsi des peuples et des ethnies aussi différents que peuvent l’être les Belges, les Canadiens, les Indiens, les Danois ou encore les Espagnols à tous vivre ensemble sous les règnes d’une administration commune dirigée par des étrangers.

Les nouveaux états issus de la décolonisation au cours des années soixante (1960) optèrent pour la prolongation de ce découpage uniquement par souci de stabilité. Au moment de l’indépendance, les colonisateurs croyaient qu’un gouvernement provenant d’un parti unique permettrait de compenser les tensions et les dysfonctionnements inhérents au manque d’homogénéité ethnique et culturel des nouveaux états.

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Pour palier à l’absence de sentiment d’appartenance à une même nation, les nouveaux gouvernements encouragèrent principalement une stratégie coloniale de centralisation des pouvoirs et d’organisation de la société en ignorant généralement les coutumes et les traditions des différentes ethnies vivant sur le même territoire. Cette stratégie a été perçue à l’époque comme un moyen efficace afin de préserver une stabilité politique et sociale.

En empruntant cette voie, l’Afrique a accepté inlassablement d’évoluer dans un demi-siècle marqué par des tensions ethniques, se retrouvant victime de perpétuelles crises sociopolitiques. Ces tensions et ces crises ont été engendrées par les difficultés de cohabitation entre les différentes ethnies, la répartition inéquitable des ressources, l’accélération de la mondialisation ainsi que la lutte pour le contrôle du pouvoir.

Dans un contexte aussi explosif, les dirigeants africains devront faire preuve d’un jugement éclairé et s’armer d’une réelle volonté politique afin de trouver définitivement des solutions à ces conflits. Ils devront en premier lieu saisir l’ampleur des enjeux géoethniques tout en considérant les valeurs propres à chaque ethnie avant de proposer des solutions constitutionnelles durables et équitables pour tous.

Impact du colonialisme sur les politiques africaines

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Le régime colonial visait des objectifs et obéissait à des contraintes souvent dictées par les aléas de la politique européenne ignorant les besoins, les valeurs et les traditions des populations africaines.

La stratégie des administrations coloniales, dans la plupart des pays africains, a généralement été de minimiser l’importance des groupes ethniques et de boycotter les valeurs et la culture propre à ces ethnies afin de construire des entités administrativement homogènes. Les colonisateurs ont imposé des politiques conformes à leur idéologie ainsi qu’une législation et une réglementation qui bafouaient les lois coutumières tant dans les domaines sociaux qu’économiques.

En reprenant ce modèle, les nouveaux états issus de la décolonisation, dont la Côte d’Ivoire, se condamnaient à l’explosion de crises identitaires au sein de leurs différentes ethnies. Le continent africain réalise aujourd’hui que l’héritage colonial portait en lui les germes de conflits potentiels qui demeurent aujourd’hui un brasier difficile à maîtriser.

La plupart des pays sont demeurés ethniquement divisés, impuissants à développer des moyens constructifs afin de réduire les écarts créés par la discrimination entre les ethnies. Cette situation a incontestablement paralysé les efforts de développement économique entachant le processus de démocratisation.

L’échec

Les constitutions et les modèles administratifs empruntés aux régimes coloniaux ont imposé des configurations institutionnelles confuses, incohérentes et imparfaites, perturbant ainsi les relations entre les diverses ethnies. Les colonisateurs ont par ailleurs souvent réussi à préserver une forme de pouvoir occulte par leur influence sur certaines autorités gouvernementales africaines.

Ces pays ainsi que leurs entreprises ont maîtrisé efficacement leurs alliés africains en établissant avec eux des relations de patrons à subalternes tout en les menaçant au besoin de coups d’État. À première vue, leur objectif ne visait pas le développement de ces pays mais l’exploitation des ressources naturelles, principalement minières et énergétiques.

La menace latente des coups d’État maintenait toujours certains gouvernements africains dans un état de soumission totale face à des puissances externes, obligeant les chefs au pouvoir à s’entourer d’individus provenant de leur propre groupe ethnique afin de sécuriser leur position et privilégier les membres de leur clan. Cette situation justifie l’absence d’un sentiment de nation et l’existence d’une vie politique qui s’alimente exclusivement à partir de l’appartenance ethnique ou régionale.

C’est dans ce genre de condition que les pays africains ont été, en apparence, intégrés dans les échanges économiques internationaux en tant que pays souverains. Cependant, leur dépendance excessive face à certains marchés étrangers ainsi que l’apparition d’interférences externes dans l’exercice de leur souveraineté, démontrent malheureusement que l’image et la réalité sont fort différentes.

La souveraineté d'un État implique l'exclusivité de ses compétences législatives, exécutives et judiciaires. La décolonisation qui a marqué les années 1960 a donné lieu à la création d'États qui se retrouvent encore loin de cet objectif.

Ces États sont demeurés respectivement d’humbles sujets des colonisateurs ou tout simplement des clients dépendants des marchés coloniaux. Les différentes politiques africaines reflètent aujourd’hui le résultat des tentatives coloniales visant à éliminer les valeurs essentielles d’un pays. Cette situation nous amène à réfléchir sérieusement sur la définition du système de gouvernance.

Les causes des crises africaines reliées à la colonisation

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1. Une absence d’identité nationale engendrée par les constitutions des États qui ne représentent pas les véritables valeurs des différentes ethnies

2. Une confusion constitutionnelle entre le pouvoir exécutif, judiciaire, législatif et les lois coutumières. Le chef de l’exécutif est à la fois juge et partie. Son clan ethnique profite des ressources de l’État, ce qui conduit à des frustrations chez les autres groupes ethniques

3. Des relations difficiles entre les diversités ethniques. Chaque groupe ethnique souhaite porter au pouvoir son représentant, ce qui crée des divisions entre les ethnies

4. Le découpage artificiel des pays d’Afrique par la colonisation a rendu les frontières poreuses, cette situation dresse un passage facile pour les assaillants. Souvent, les populations vivant sur les deux côtés de la frontière proviennent de la même ethnie

5. Une dépendance créée par la mise en place d’une économie basée sur les matières premières et par un faible niveau d’industrialisation par les colonisateurs

6. Une protection artificielle de l’économie qui dépend des accords signés durant la colonisation, ce qui perturbe la stabilité du pays.

7. Une monnaie artificiellement sous-évaluée, et établie à partir de pactes coloniaux : le franc CFA (FCFA franc des colonies françaises d'Afrique)

8. Une éducation basée sur des valeurs coloniales ou la majorité de la population ne comprend pas la langue officielle.

En somme, nous vivons toujours sous les effets de la colonisation.

Accès à l’information pour tous

La prospérité d’un pays dépend de la transparence de son gouvernement. La démocratie exige en tout temps une grande accessibilité à toute forme d’information et cela pour tout individu. Il faut s’assurer que les autorités en place rendent des comptes aux électeurs. Pour cela, ni le gouvernement, ni aucune agence ne devraient échapper à la surveillance des médias et de la presse qui doivent rester malgré tout objectifs et non partisans.

Les médiums de communication, lorsque sous contrôle étatique, représentent un mal pour la population et un bien pour le gouvernement. Une certaine forme de stratégie coloniale plane encore au cœur des gouvernements qui négligent d’informer les citoyens afin de leur permettre d’exercer librement leur pouvoir.

Lorsque les populations sont maintenues dans l’ignorance, il est plus facile d’organiser un coup d’État particulièrement si le gouvernement contrôle une station de télévision ou encore une station de radio nationale. Un pays doté d’une presse indépendante, libre et diversifiée rend la tâche nettement plus difficile aux assaillants qui tentent d’atteindre la sécurité de l’État.

Les médiums de communications sont comme un lieu d’apprentissage, de connaissance, permettant à la population de prendre des décisions informées. Un lieu de consultations et de références pour les citoyens afin d’éclaircir tout jugement sur des actes ou des conflits perpétrés fréquemment par des groupes politiques.

Afin de protéger efficacement la stabilité sociale de tout peuple, il demeure essentiel de créer un environnement diversifié favorable à la transmission d’une information compréhensible pour tous et reflétant la pluralité des différents points de vue exprimés par la population.

Pistes de solutions et conditions gagnantes aux causes des crises africaines

Dans un pays multiethnique, le gouvernement a le devoir d’accommoder toute diversité ethnique. Ceci permet à tous les groupes de se gouverner eux-mêmes et de préserver leurs propres valeurs tout en se conformant à un cadre et à un ordre constitutionnel national. L’utilisation d’une telle constitution, axée sur la diversité ethnique, a toutes les chances de fonctionner si les conditions gagnantes suivantes sont réunies :

1. Une Constitution qui s'inspirera des coutumes et des valeurs des différents groupes ethniques. Un cadre institutionnel qui reflètera la diversité ethnique et culturelle du pays, qui bien entendu évoluera dans le temps. Elle procurera aux minorités l'autonomie nécessaire à la préservation de leur intégrité ethnique et culturelle. L’objectif vise la création d’une identité nationale

2. La nouvelle Constitution définira le système de gouvernance, de santé, d’éducation, de justice, de finance ainsi que le rôle de l’opposition. Elle mettra aussi en place un système de partage équitable de la représentativité des ethnies au sein de la fonction publique.

3. La mise en place du nouveau cadre constitutionnel, législatif et institutionnel (Société de droit) garantira le respect des droits individuels, des valeurs d’égalités, la protection des minorités, la liberté d’expression et de presse, les droits et devoirs de l’opposition officielle.

4. La création d’une monnaie garantira le développement économique, le contrôle et la protection de l’économie, et un environnement qui encouragera l'esprit d'entreprise. Pour se faire, il faudra adresser les problématiques portant sur l’accès au crédit, le droit à la propriété, l’établissement de cadastre, etc.

5. Un nouveau cadre éducatif orienté sur le monde moderne qui valorisera les valeurs de toutes les ethnies. Cette éducation devra être compétitive et en harmonie avec nos propres valeurs culturelles.

6. La responsabilisation de chaque groupe ethnique demeure essentielle face à l’unité nationale. Par exemple, si la Côte d’Ivoire se trouvait envahie par des assaillants, on devrait s’attendre à ce que les différentes ethnies alliées, fidèles de l’État, ne soutiennent et n’aident d’aucune façon l’envahisseur. La sécurité nationale en serait donc ainsi garantie.

Lorsque toutes ces conditions gagnantes seront réunies, nous pourrons enfin accéder à une démocratie.
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Enfin

Avant tout, ne faut-il pas que les politiciens aient la clairvoyance de se mettre en accord les uns avec les autres afin de reconnaître l’envergure des épreuves à surmonter ainsi que les défis à relever afin d’éliminer toutes traces de conflits inutiles et destructeurs ?

Nous devons accepter nos propres erreurs sans continuellement tenir les autres responsables des situations problématiques. Nous devons inévitablement accéder à cette liberté plénière, intellectuelle et économique ainsi qu’à l’égalité de notre diversité ethnique reconnue à partir de lois établies.

L’objectif principal à atteindre réside dans la réconciliation avec nos propres valeurs, en valorisant la diversité ethnique afin que l’avenir repose paisiblement sur des bases solides. Cette reconnaissance et son application dans une nouvelle constitution est primordiale d’un point de vue politique afin de bâtir une nation entière et une Afrique diversifiée.

Une mobilisation des différents groupes ethniques s’impose afin de réconcilier nos sentiments d’humanisme les plus profonds les uns envers les autres et ce dans tout le respect que nous confèrent nos différences.
Nous devons, parvenir à une entente à l’image des autres pays et ce, sans discrimination face à nos différences d’origine ethnique ou religieuse.

Nelson Mandela reste l’image même de la réussite d’un véritable leader. Armé de courage et de ténacité, il a conduit son peuple vers la liberté tout en donnant un nouveau visage à l’Afrique du Sud. Aujourd’hui, plusieurs ethnies y vivent dans une paix sociale relative et ce en dépit des blessures du passé engendrées par l’Apartheid, portrait véritable de l’oppression coloniale.

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Le Rwanda, à la suite d’une guerre fratricide, a courageusement relevé le défi de traverser la phase post-traumatique nationale en se dotant d’un gouvernement intégrateur, allant jusqu’à rejeter la constitution coloniale et à modifier la langue officielle grâce à la volonté farouche de ses dirigeants.

Il serait également crucial d’inviter les Ivoiriens à participer au grand débat sur la formulation d’une constitution représentant leur identité. Cette identité nationale deviendra le flambeau de la fierté et garantira l’obtention de vraies institutions démocratiques, lui permettant ainsi d’atteindre, à long terme, la maturité politique.

Quels moyens utiliserons-nous pour concevoir et adapter les institutions de la Côte d’Ivoire aux défis d’aujourd’hui et de demain ? Les pays dit développés ont réalisé en plusieurs siècles leur destin politique. Nous pouvons à notre tour également y accéder rapidement et ce, de manière surprenante.

Tous les enjeux sont, aujourd’hui, devenus extrêmement difficiles. Nous devrons faire preuve d’audace afin de créer un environnement propice à la stabilité, au développement ainsi qu’à une saine réussite économique.

Cette stabilité sociale, soutenue par une valorisation de nos capacités politiques et économiques se traduira par la qualité de nos gouvernements, de nos institutions, de nos universités et de nos entreprises et ce, au profit de la population. Cela se concrétisera dans une logique d’investissement où tous les outils et le potentiel nécessaires seront à la portée afin de permettre une véritable réussite dans ce monde d’aujourd’hui.

Cette modernité s’incarnera et se conjuguera harmonieusement avec l’ensemble de nos valeurs. Cet enthousiasme s’exprimera chaleureusement par le peuple ivoirien, définira l’expression d’un amour propre animé de respect.

Une mobilisation s’impose afin de résumer nos sentiments les plus profonds envers nos différences. Nous sommes tous des hommes et des femmes originaires de la même souche. Nous devons tous nous entendre, à l’image de d’autres pays, sans discrimination face à nos différences ethniques.

Il demeure impératif de projeter avec une force farouche l’identité et les valeurs de nos différences, en favorisant l’ouverture et la tolérance entre elles, évitant ainsi que ces ethnies se replient sur elles-mêmes. L’identité ivoirienne doit éviter à tout prix le piège de la nostalgie coloniale et du repli sur soi. Nous devons instaurer une relation mature au cœur de la population. Cette relation restera fraternelle, familiale, légitime et sans ambiguïté pour l’ensemble des Ivoiriens.

Nous sommes appelés à renforcer avec sincérité les ponts entre les différentes ethnies de la Côte d’Ivoire, ainsi que ceux qui relient les peuples de l’Afrique noire malheureusement détruits par la colonisation. Nous devons procéder à la création d’une communauté ivoirienne moderne animée par un acte d’adhésion, empreinte de respect pour l’ensemble de sa diversité culturelle.

Aux yeux du monde, nous devons être prêts maintenant à entreprendre ce changement. Nous prouverons ainsi à tous que nous entamons graduellement notre renaissance afin de remettre sur les rails ce pays meurtri. Notre alliance interethnique ne sera féconde que si nous nous tournons vers l’avenir en laissant derrière nous un passé colonial, tout en acceptant notre part de responsabilité afin d’embrasser notre destinée.

merci à
Lancine Bakayoko, Montreal (Québec)

LA LIBERTÉ D'EXPRESSION ET SON ÉTHIQUE SONT LES CORDES VOCALES DE LA DÉMOCRATIE
www.solutionscotedivoire.blogspot.com

( Retrouvez Lancine Bakayoko sur Facebook)

 

Par Voix Africaine - Publié dans : Aspects économiques, sociaux, politiques - Communauté : Terre d'Afrique
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 18:38

                 

Mille milliards seront injectés pour relancer la croissance et l'emploi. C'est l'annonce faite, le jeudi 2 Avril 2009, du triplement des ressources du Fond Monétaire International(FMI), outre la dénonciation faite, à Lyon, des paradis fiscaux . Quant à l'aide aux Pays Pauvres Endettés(PPE), les Etats Unis se sont  engagés de prendre la tête du dossier.

 

Après ces annonces spectaculaires, l'Afrique  va-t-elle y trouver son compte ?

Toutes ces promesses seront-elles suivies d'effet ?

Est-ce que certaines décisions peuvent profiter à l'Afrique ?

On est en droit de se poser la question de savoir si ce G20  ne s'est pas pas moquer de l'Afrique, particulièrement les Pays de l'Ouest Africain.Car, augmenter les ressources du FMI ou de la BM, est-ce que cela aiderait les problèmes des producteurs africains ? Comment peut-on comprendre  que le G20 prenne des décisions sans consultations préalables avec les pays africains, quand bien même le G20 fut élargi aux représentants du NEPAD, de l'Afrique du Sud, et au Président de la Commission de l'Union Africaine.

 

Tous ceux qui applaudissent ces décisions n'engagent qu'eux-mêmes, car ils savent pourquoi ils applaudissent .

 

Il faut savoir qu'il y a eu la crise énergétique, et on a vu la mobilisation autour de cela; il y a eu la crise financière, avec le même engouement de mobilisation. Quant à la crise alimentaire on a pas vu de mobilisation sérieuse.

 

Augmenter les ressources du FMI ou de la BM ne veut pas dire venir systématiquement en aide aux producteurs africains pour lutter contre la pauvreté.

Quelles sont les véritables plans qui ont été élaborés en faveur du monde rural ? Il ne suffit pas d'augmenter les ressources du FMI pour dire : nous allons lutter contre la pauvreté en Afrique et aider les pays pauvres. Cela constitue une aberration d'excès d'optimisme.

Il eut fallu sortir des plans cohérents pour juguler cette crise alimentaire que nous traversons en Afrique. Il y a eu, par le passé, des promesses d'aides, maintes fois renouvelées. Les besoins du continent africain ne se résument pas uniquement  à l'aide financière.L'Afrique a d'autres préoccupations, d'autres enjeux d'équipement; d'autant que l'aide est très mal distribuée, et ne fait qu'engouffrer les pays dits pauvres dans un cercle infernal. Ce qui nous fait dire, d'ailleurs, que l'aide est un leurre de ce point de vue. Car, il faut savoir qu'il n'y a que le FMI  et la BM qui entretiennent de telle relation. Le réalisme devrait être ceci: c'est que quand vous  empruntez de l'argent dans une institution financière de la place vous avez le droit d'utiliser pour vos projets.Il n'y a que le FMI et la BM qui obligent et qui dictent aux Etats  africains ce qu'il faut faire de ces ressources-là . Les années 80-90 sont jonchées d'obligations de  restructurations budgétaires imposées par le FMI et la BM, qui étaient d'avantage des freins au développement socio-économique des pays africains.

 

Pourtant, beaucoup d'Etats africains attendent,avec beaucoup d'impatience, l'aide du FMI ou de la BM. On l'a vu récemment avec la Côte d'Ivoire qui a été élue pays pauvre  très endetté, et qui va recevoir des fonds à ce titre.

 

L'Afrique était mieux représentée, à Londre, qu'au dernier G20 de Washington, en Novembre dernier: il y avait le Président de la Commission de l'Union Africaine, Jean PING, le Président du NEPAD( Nouveau Partenariat Africain pour le Développement), le Premier Ministre Ethiopien Amel AZENAHOUI, l'Afrique du Sud représentée par son Président MOTLANTE.

 

Avant la tenue du G20, les pays africains avaient lancé un appel pour vendre une partie des réserves d'Or  du FMI. Ce qui était, d'ailleurs, expressément demandé par Jean PING, le président de la Commission de l'Union Africaine. Pratiquement 403 tonnes d'Or vont être vendues, et 6 milliards de dollars vont être dédiés aux pays émergents. Ce qui est important, dès lors, c'est de revoir les conditionnalités qu'il faudra assouplir pour que les pays africains puissent accéder plus facilement à l'aide.

 

Ce G 20 vient de mettre un frein à l'offensive chinoise; de la Chine qui donnait de l'argent aux pays africains sans conditionalité.Et cet argent est directement injecté, à présent, par une contribution massive de la Chine dans le FMI.

 

Par ailleurs, avec ce G20 c'est le G8 qui disparaît, où les pays africains n'étaient pas représentés à la table.

 

On pensait que les pays africains n'allaient pas être touchés par la crise . C'était une mauvaise analyse de la situation économique de l'heure. L'Afrique vit pratiquement des produits d'exportation. C'est l'Occident qui consomment ces produits d'exportation. De ce fait, beaucoup de pays africains ressentent cette crise à travers leur balance de paiement, alors que les produits sont moins demandés sur le marché international.

 

Ce qu'il faut voir et croire, c'est que le FMI et la BM sont entrain de faire des efforts à cet effet, et l'Afrique va accéder rapidement à ces fonds.  «Maintenant,le FMI va se concentrer sur les pays en voie en développement» dixit DSK, Directeur du FMI , déclaration qu'il avait faite au moment de sa prise de fonction au sein de l'Institution Internationale.

 

La question est: Comment le FMI va utiliser cet argent de mille  milliards, et pour qui ?

Il faut savoir qu'il n'est pas utilisé que pour l'Afrique; notamment les pays de l'Europe de l'Est qui vont en bénéficier aussi. Car, certains sont en quasi faillite actuellement.

 

Jean Michel KOUROUMA, Journaliste à RADIO MEGA, Valence 

 

Par Voix Africaine - Publié dans : Aspects économiques, sociaux, politiques - Communauté : Economie et développement
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Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /Oct /2009 13:52

17 octobre 2009  journée mondiale du refus de la misère.

Cette journée coincide cette année avec le 60ème anniversaire de la FAO, organisation onusienne qui combat la faim dans le monde.


«  Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré ».

 Joseph Wresinski, initiateur de cette journée mondiale, le 17 octobre 1987

 

Le refus de la misère, oui ! Aujourd’hui, en ces temps de crise économique mondiale, ce thème est malheureusement toujours plus d’actualité.

Le refus de la misère, oui !

Crier le scandale de l’absence médiatique autour de ce fléau silencieux et sournois qui se propage en Afrique et en Asie, à savoir la famine la plus importante depuis des décennies…

Des dizaines de milliers d’enfants, de femmes, d’hommes meurent chaque jour, par manque de soins, par manque de nourriture, par manque d’eau potable… !

 

Pendant ce temps, crise oblige, les médias nous parlent  des dépôts de bilan d’entreprises, des chômeurs de plus en plus nombreux qui viennent grossir les rangs de la misère, ils nous parlent aussi des bénéfices  scandaleux des traiders, des banques qui ont réussi à doubler, voire tripler leur chiffre d’affaires, de  l’euphorie générale de Wall Street car le Dow Jones a dépassé le seuil psychologique des 10 000 points !!!

 

Crise oblige : Chacun marque son mécontentement et c’est à celui qui fera l’action la plus provocante pour pouvoir  manifester son malaise, ses difficultés… Ainsi les producteurs laitiers  ont cru bon de devoir déverser des tonnes et des tonnes de lait dans les champs et les égouts , dans le seul but de pouvoir se faire entendre et faire la une des médias ; ceci sans prendre en considération ce fléau incommensurable de la faim dans le monde… !

 

 

 

Agir, certes, mais cette forme de manifestation doit être désuète de nos jours : on ne peut plus ignorer que plus d’un milliard d’êtres humains souffrent de la faim dans le monde ! Il est scandaleux de jeter la nourriture, quel qu’en soit le motif !
 Plus d’un milliard de personnes, des Européens, des Africains, des Asiatiques vivent leurs derniers instants, faute de nourriture et d’eau, faute de lait ! Une lente et sournoise famine, qui ne fait aucun bruit, car les victimes n’ont même plus la force d’ouvrir la bouche jusqu’à leur dernier soupir !

 

 


C’est aussi cela la misère du monde !

Le refus de la misère, oui !

 

Autre  volet concernant la crise :

Les multinationales se comportent comme s’il n’y avait jamais eu de crise !

 La flambée des prix des produits de base sur les marchés internationaux les incitent à chercher de nouvelles terres disponibles à l’agriculture. Cette fois, leurs regards se tournent vers l’Afrique, non pas dans une vocation de solidarité, mais à la recherche de terres agricoles !

La crise alimentaire n’est plus le fléau exclusif de l’Afrique, de l’Asie ; d’autres Etats Occidentaux n’ont plus assez de terres pour nourrir leurs populations et parlent eux aussi de crise alimentaire dans leurs propres pays.

On assiste alors aux investissements de multinationales en Afrique pour louer à des prix dérisoires les terres arables africaines et pouvoir ainsi subvenir aux cultures vivrières nécessaires à l’Occident et développer aussi la culture des agro-carburants.

 

La course aux terres arables a commencé. La Terre Africaine est devenue l’objet de toutes les convoitises !

 

Ainsi le géant sud coréen Daewoo aurait conclu un accord avec Madagascar pour la location (à prix dérisoire) de la moitié de ses terres agricoles pour une période de 99 ans afin d’y produire maïs et huile de palme pour la seule exportation vers la Corée.

Alors que 70% des Malgaches vivent en dessous du seuil de pauvreté, seule espérance pour eux : travailler comme manœuvres sur ces terres.

 

 

 

Une ère nouvelle ou retour au néocolonialisme ?

 

La Corée du Sud n’est pas le seul état à s’intéresser aux terres arables africaines… La Chine, le Japon, Les Emirats Arabes, le Koweit, le Qatar, dépendants eux aussi de l’extérieur pour se nourrir,  ont investi les terres agricoles africaines.

Des multinationales européennes, américaines, brésiliennes, canadiennes… sont prêtes à leur emboiter le pas.

Par exemple, le groupe Danone chercherait à installer des fermes géantes en Algérie et en Afrique du Sud pour garantir son approvisionnement en lait, afin de faire face à la flambée du prix du lait en Europe. Curieux paradoxe.

 

 

 

Et pendant ce temps ?

Des milliers et des dizaines et des centaines de milliers d’enfants, de femmes, d’hommes continuent et continueront de mourir de faim et de soif…

 

Leur terre vaut maintenant de l’or !!! Ils sont expulsés de leurs terres, multinationales obligent !!!

Assistons-nous à un nouveau colonialisme ? un néocolonialisme agraire ?

Cela en prend malheureusement et scandaleusement le chemin… !

 

L’Afrique dispose d’un large potentiel de terres cultivables, mais faute de pouvoir investir elle-même, ses terres sont maintenant l’objet de toutes les convoitises occidentales, au risque de compromettre l’approvisionnement des marchés locaux, au risque  d’aggraver la famine déjà existante, qui a connu ces derniers mois un pic sans précédent…

Ce n’est plus la ruée vers l’or mais la ruée vers un nouvel eldorado : les terres arables de l’Afrique !!!

 

 

 

Alertons l’opinion, alertons les grands de ce monde face aux prémisses d’une pauvreté sans précédent en Afrique ! Refusons cette misère !

Les grands de ce monde devraient avoir le devoir de solidarité. Au lieu de cela, ils sont complices de ce qui se trame aujourd’hui et des conséquences à venir ; les chefs d’Etats Africains, eux aussi, sont les premiers acteurs complices de cette tragédie  en devenir, en bradant les terres, mus seulement par l’appât du gain, car leurs concitoyens en seront les premières victimes.

 

Refusons la misère et crions-le, aujourd’hui, demain et à chaque fois que cela sera nécessaire !!!

C’est un désastre sans précédent qui s’annonce… Nous sommes tous des acteurs du devenir de notre Terre. N’ayons de cesse d’agir chacun à notre échelle, n’ayons de cesse de répéter  et de répéter encore , à nos proches, à nos élus, aux médias, à nos gouvernants qu’il est temps de réagir, qu’il est temps , enfin, que la face du monde prenne les couleurs de la solidarité, de l’entraide, du partage, les couleurs d’un développement économiquement et humainement durable. Il en va du salut de notre Terre !

Aisha Sylla
FONDATION SYLLA CAAP

Par Voix Africaine - Publié dans : Aspects économiques, sociaux, politiques - Communauté : Economie et développement
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