Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 23:46

Gabon/ Sommet de Copenhague : l’Europe pourrait manquer une occasion de débloquer les négociations internationales sur le climat

Nous relayons , ici, le message de l'Association H20 GABON.

Le ciel vu de la terre

 

LIBREVILLE, 13 décembre (Infosplusgabon) - Alors que le Sommet de Copenhague se poursuit sous la pression de milliers de manifestants qui sont descendus dans les rues samedi, pour réclamer un accord équitable et ambitieux contre le changement climatique, le président de l’Association H2O Gabon, Henri Michel Auguste, déclare dimanche que l’Europe pourrait rater une occasion de débloquer les négociations internationales sur le climat de Copenhague.

Rappelons que depuis l’accord de Kyoto en 1997, l’Europe a systématiquement élevé ses ambitions dans les négociations climatiques, les autres pays prenant, ou non, la suite, mais « à mi-parcours des discussions les plus importantes qui aient jamais eu lieu sur le climat, il est inexplicable que l’Europe semble ainsi changer soudainement sa stratégie.

Un accord international, sur la table des négociations à la conférence de Copenhague est-il possible ?

Un accord international est possible si et seulement si les participants sont capables de transcender leurs différences, et modifier leur mode de vie de manière durable. Ce défi planétaire fait partie des défis dont l’homme ne peut sortir que grandi s’il est imaginatif, ambitieux et courageux pour son avenir et pour l’avenir de notre planète bleue. Sinon ce sera un sommet de plus, où chacun défend ses petits intérêts dans son coin sans se soucier de l’intérêt général. Et dans ce cas, ce serait dommage pour l’espèce humaine.

Les conditions de vie des habitants de la planète sont menacées par les dérèglements climatiques. Quel constat en faites- vous en Afrique ?

C’est vrai que les changements climatiques menacent notre planète, mais nous avons tous une part de responsabilité face à ces problèmes. Nous nous tournons vers les pays industrialisés en les accusant de polluer et de détruire notre planète, mais de notre côté, qu’avons-nous fait ? Nous, les pays en voie de développement, n’avons fait que copier leur modèle de développement en pensant que c’était le seul moyen adéquat pour nos Etats, nos populations et notre « bien-être/mal-être » égoïste. Grosse erreur de jugement, la désertification, la déforestation, les sécheresses et les inondations à répétitions ne sont pas induites uniquement par les pays industrialisés, mais aussi par les comportements de chacun des Africains. Si ce défi n’est pas résolu par la Communauté de la Terre, nous aurons à faire face à de plus en plus de conflits.

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L’Afrique produit le moins de gaz à effet de serre. Quelles compensations monétaires ou en transferts de technologies attendrait-elle de ce sommet pour éviter qu’elle ne brûle ses forêts ?

Je ne suis pas par principe pour des compensations financières, mais pour un accompagnement dans le transfert de technologies, l’application et le suivi de ces technologies. C’est pour cela que je me prononcerai pour une organisation internationale indépendante du politique, permettant au niveau de chaque état donateur ou receveur, l’audit écologique, la surveillance, le contrôle et la prise de sanctions en cas de non respect de ces engagements, un peu à la manière de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) qui est chargée des questions nucléaires.

Les pays pauvres et riches parviendront-ils à un engagement durable ?

Pour conclure sur cette question je me permettrai de paraphraser un célèbre empereur romain, « Le sort en est jeté »...

FIN/IPG/JRN/2009

 

H2O GABON, Association Environnementale à but non lucratif, B.P. 1991, PORT-GENTIL (GABON)

Courriel :h2ogabon@yahoo.fr Contact : (241) 06 26 25 66 et ( 241) 07 53 77 70
Par Voix Africaine - Publié dans : Libre pensée, impressioni
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /2009 23:35
Un message envoyé par Claude Zylmans, que nous avons voulu relayer:

Comme un écho, venu du Sud








...aux interrogations du philosophe Alain Badiou, lors de son entretien au Théâtre Marni (Bruxelles) le 23/11/2009 ... 
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  Quatre phrases qui font s’allonger le nez de Pinocchio
par Eduardo Galeano (cf. et relire son grand classique "Les veines ouvertes de l'Amérique latine", Terre humaine, poche, 9 € 40)   

“Nous sommes tous coupables de la dégradation de la planète”

La santé du monde est un désastre. “Nous sommes tous responsables”, clament les cris de l’alarme universelle et cette généralisation vaut absolution : si nous sommes tous responsables, personne ne l’est.

Comme des lapins ils se reproduisent les nouveaux technocrates de l’environnement. C’est le taux de natalité le plus élevé au monde : les experts engendrent des experts et encore des experts qui s’affairent à envelopper le sujet dans le papier de soie de l’ambigüité. Ils fabriquent le nébuleux discours des exhortations au « sacrifice de tous » dans les déclarations des gouvernements et dans les solennels accords internationaux que personne ne respecte.

Ces déluges de paroles – inondation qui menace de se transformer en catastrophe écologique comparable à celle du trou dans la couche d’ozone – ne se déchaînent pas pour rien. Le langage officiel noie la réalité pour mieux accorder l’impunité à notre société de consommation, à ceux qui imposent cette dernière en tant que modèle au nom du développement et aux grandes entreprises qui la pressurent et s’en nourrissent.

Mais les statistiques parlent. Les données cachées sous le baratin révèlent que 20 % de l’humanité commet 80 % des agressions contre la nature, crime que les assassins appellent « suicide », mais c’est l’humanité tout entière qui paye les conséquences de la dégradation des sols, de l’intoxication de l’air, de l’empoisonnement de l’eau, de l’emballement du climat, de la dilapidation des richesses naturelles non renouvelables.

Madame Harlem Bruntland, Premier Ministre du Gouvernement norvégien, a déclaré  récemment que si les 7 milliards d’êtres humains qui peuplent notre planète consommaient autant que les pays développés d’Occident, « il leur faudrait 10 planètes Terre  pour subvenir à tous leurs besoins”. Une exigence impossible à satisfaire.

Mais les gouvernants des pays du Sud qui promettent à leurs peuples l’entrée dans le Premier Monde, passeport magique qui nous rendra tous riches et heureux, devraient être tous traînés en justice, mais pas seulement pour escroquerie. Ils ne font pas que nous rouler dans la farine, non : ils sont en train, ces gouvernants, de se rendre coupables d’incitation au crime. Parce que c’est ce système de vie présenté comme un paradis et qui est fondé sur l’exploitation du prochain et sur l’anéantissement de la nature, c’est lui qui rend nos corps malades, empoisonne nos esprits et nous prive de notre monde.

“Est vert ce qu’on peint en vert”

Maintenant, les géants de l’industrie chimique font leur publicité aux couleurs vertes, et la Banque Mondiale lave son image en serinant le mot écologie à chaque page dans ses communiqués et en peignant en vert ses prêts. “Dans les conditions de nos prêts il y a des normes environnementales strictes”, précise le président de la suprême banquerie mondiale. Nous sommes tous écologistes, jusqu’à ce que quelque mesure concrète vienne limiter la liberté de polluer…  

Lorsque le Parlement de l’Uruguay adopta une bien timide loi de protection de l’environnement, les entreprises qui expédient du poison dans l’atmosphère et qui pourrissent l’eau soudain arrachèrent de leur visage le masque vert tout neuf et exprimèrent à grands cris leur véritable nature avec des mots que nous pouvons résumer ainsi : « Les défenseurs de la Nature sont les avocats de la pauvreté ; ils se dévouent au sabotage du développement économique et ils font peur aux investisseurs étrangers”.

La Banque Mondiale, elle, par contre, est le principal promoteur de la richesse, du développement et des investissements étrangers. C’est peut-être parce qu’elle cumule tant de vertus que cette Banque gèrera, en partenariat avec l’ONU, le Fonds en faveur de l’environnement mondial tout récemment créé.

Cet impôt sur la mauvaise conscience n’aura pas beaucoup d’argent à sa disposition, (100 fois moins que ce que les écologistes réclament), pour financer des projets qui ne détruiront pas la planète. Irréprochable intention, mais conclusion inévitable : si ces projets requièrent un fonds spécial, la Banque Mondiale admet ipso facto que tous ses projets autres rendent un bien piètre service à l’environnement.

Cette Banque s’appelle Mondiale comme le Fonds Monétaire s’appelle International, mais ces deux jumeaux vivent, encaissent et décident à Washington. Qui paye commande et l’innombrable technocratie ne crache jamais dans la soupe qu’elle mange. Puisqu’elle est le principal créancier du dénommé Tiers Monde, la Banque Mondiale gouverne nos nations otages qui, pour le service de la dette, payent à leurs créanciers extérieurs 250 mille dollars à la minute et elle leur impose sa politique économique en fonction de l’argent qu’elle leur accorde ou leur promet.

La divinisation du marché qui achète de moins en moins et qui paye de plus en plus mal permet de bourrer de magiques babioles les grandes villes du monde du Sud, droguées à la religion de la consommation, pendant que s’épuisent les campagnes, que pourrissent les eaux qui les abreuvent et qu’une croûte sèche recouvre les déserts qui jadis furent des forêts.
    
“Entre le capital et le travail, l’écologie est neutre”

On pourra raconter n’importe quoi d’Al Capone, mais, lui, c’était un gentleman : ce bon Al Capone envoyait toujours une gerbe de fleurs à la veillée funèbre de ses victimes… Les mastodontes de l’industrie chimique, pétrolière et automobile ont payé une grande partie des frais de l’ECO 92.

Il s’agit de la conférence internationale qui, à Rio de Janeiro, s’est occupée de l’agonie de notre planète. Et cette conférence, appelée Sommet de la Terre, n’a pas condamné les multinationales qui produisent la pollution et qui en vivent ; elle n’a pas eu un seul mot contre la liberté illimitée du commerce qui rend possible la vente du poison.

Au grand bal masqué de la fin du millénaire, même l’industrie chimique s’habille en vert. L’angoisse écologique trouble le sommeil des plus grands laboratoires du monde qui, pour aider la nature, sont en train d’inventer de nouvelles cultures biotechnologiques.
   
Mais ces préoccupations scientifiques n’ont pas pour but de trouver des plantes plus résistantes aux fléaux naturels sans aide chimique, elles recherchent des plantes capables de résister plus efficacement aux herbicides et aux pesticides créés par ces mêmes laboratoires. Parmi les 10 plus grandes firmes au monde produisant des semences, 6 produisent des pesticides (Sandoz, Ciba, Lorsqu’-Geigy, Dekalb, Pfiezer, Upjohn, Shell, ICI).
   
L’industrie chimique n’a aucun penchant masochiste. Le rétablissement de la bonne santé de la planète, ou de ce qui nous en restera, implique la mise au pilori de l’impunité de l’argent et la liberté des humains. L’écologie neutre, qui tient plutôt du jardinage, se fait la complice de l’injustice d’un monde où la nourriture saine, l’eau pure, l’air respirable et le silence ne sont pas des droits pour tous, mais des privilèges pour une minorité qui peut les payer.
     
Chico Mendès, ouvrier du caoutchouc, est tombé assassiné, en 1988, dans l’Amazonie brésilienne parce qu’il croyait en ce qu’il croyait : qu'entre l’écologie et le combat pour les droits sociaux il ne peut y avoir divorce. Chico croyait que la forêt amazonienne ne sera pas sauvée aussi longtemps qu’on ne fera pas de réforme agraire au Brésil.
     
Cinq années  après le crime, les évêques du Brésil ont dénoncé  le fait que plus de 100 travailleurs ruraux meurent assassinés, tous les ans, dans leur lutte pour la terre et ils ont calculé que 4 millions de paysans sans travail abandonnent les plantations de l’intérieur et arrivent dans les villes. En adaptant les chiffres de chaque pays, la déclaration des évêques dépeint le tableau de l’Amérique Latine tout entière. Les grandes villes latino-américaines, enflées jusqu’à l’explosion par la continuelle invasion des exilés des campagnes, sont une catastrophe écologique : une catastrophe que l’on ne peut pas comprendre ni modifier dans les limites de l’écologie sourde à la clameur sociale et aveugle face à l’engagement politique.
     
“La nature est hors de nous”

Dans ses dix commandements, Dieu oublia de mentionner la nature. Parmi les ordres qu’il nous a adressés du haut du Mont Sinaï, le Seigneur aurait pu ajouter, par exemple : « Tu honoreras la nature dont tu fais partie”. Mais ça ne lui est pas venu à l’esprit. Il y a cinq siècles, lorsque le marché mondial fit main basse sur l’Amérique, la civilisation conquérante confondit l’écologie avec l’idolâtrie. La communion avec la nature était un péché. Et ce péché méritait un châtiment.

Selon ce que racontent les chroniques de la Conquête, les indiens nomades qui utilisaient des écorces d’arbres pour se vêtir ne dépouillaient jamais un tronc dans sa totalité pour ne pas condamner l’arbre à mourir et les indiens sédentaires semaient des cultures variées en alternant des temps de repos pour ne pas épuiser la terre. La civilisation qui venait imposer les dévastatrices monocultures destinées à l’exportation ne pouvait pas comprendre ces cultures intégrées à la nature et elle les confondit avec la vocation démoniaque ou l’obscurantisme.  

Pour la civilisation qui se dit occidentale et chrétienne, la nature était une bête féroce qu’il fallait dompter et châtier pour la faire fonctionner comme une machine mise à notre service depuis toujours et pour toujours. La nature, qui était éternelle, nous devait  sa servitude.  

Très récemment nous avons appris que la nature se lasse, comme nous, ses enfants, et nous avons su que, comme nous, elle peut mourir assassinée. On ne parle plus de soumettre la nature ; aujourd’hui, même ses bourreaux disent qu’il faut la protéger. Mais dans un cas comme dans l’autre, nature soumise ou nature protégée, elle est pensée comme située hors de nous.

La civilisation qui confond les horloges avec le temps, la croissance avec le développement et la grande taille avec la grandeur, confond de même la nature avec le paysage, pendant que le monde, labyrinthe qui ignore le centre, se consacre à briser son propre ciel.

    
Traduit par Manuel Colinas Balbona pour Investig'Action - Michel Collon
Par Voix Africaine - Publié dans : Littérature/LITTERATURA - Communauté : Economie et développement
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Mercredi 9 décembre 2009 3 09 /12 /2009 23:32
K-nal St Martin présente :

Yéla (une artiste AfricaMénil)
Yela

Après son passage remarquable lors du festival AfricaMénil
du 6 juin dernier
l'artiste réunionnaise refait son kabar
tropicalisé et colorié aux rythmes : séga & maloya
le: 18 décembre 2009 à 21h à la péniche Boer II
(M° quai de la gare-ligne 6)


Afin de:...
"Transpirez plus pour...!"

http://www.myspace.com/yela974

http://www.myspace.com/africamenil
 


Contact Marius : 06 17 30 51 70
Par Voix Africaine - Publié dans : Culture/ CULTURA
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 23:35

Cet article nous a été transmis par Mr Patrick Eric Mampouya. Nous avons tenu à le publier dans VOIX AFRICAINE, afin de rendre hommage à son auteur, Mr François SPIRLET.

A la claire fontaine…

Un conte bantou vécu par un blanc.

L’Afrique coloniale

 

Je venais d’arriver en terre africaine, c’était il y a près de 50 ans. Rescapé des Camps nazis, j’avais choisi d’être enseignant. En espérant apporter à mes élèves les moyens d’empêcher de revivre mon calvaire. Une longue carrière d’enseignant m’a permis de le réaliser.

À peine sorti de ce qui n’était alors qu’un modeste aérodrome, je n’ai guère eu le temps de chercher un taxi, deux européens se sont avancés vers moi pour m’accueillir, le sourire aux lèvres, c’étaient des compatriotes, qui m’ont dirigé vers leur voiture.

Un accueil auquel je ne m’attendais pas, ainsi, c’était donc cela, notre belle colonie ?

Un havre de paix et de compréhension, de sollicitude et de solidarité ?

 

Mais le désenchantement, brutal, ne tarda point. À peine installé dans une voiture américaine récente, j’ai eu droit à un conditionnement qui n’a jamais quitté ma mémoire.

Après un bref souhait de bienvenue, une série de recommandations sensées faciliter mon adaptation et m’éviter ainsi bien des erreurs accaparèrent tout le trajet en voiture.

D’emblée, leur tutoiement devait me faire comprendre qu’il s’agissait d’aider un compatriote à acquérir un comportement qui le mettrait à l’abri des dangers qui le guettaient.

Ne donne jamais la main à un noir, elles sont sales, remplies (sic) de microbes. Et quand tu prendras un boy (domestique), rappelle-toi qu’ils sont tous voleurs. Évite de leur donner à manger, tu les paies, ils doivent apprendre à se débrouiller.

Je ne me souviens plus du reste, l’essentiel m’avait déjà rendu malade. C’est alors que me revint en mémoire mon ordre de mission : vous serez chargé de créer une des 5 premières écoles professionnelles laïques de notre colonie (70 ans après le début de l’occupation du pays par les colonisateurs…)

 

Je n’avais de cesse de voir mon école, mais ce ne fut que le lendemain, un jour mémorable.

L’inspecteur de l’Enseignement professionnel m’avait emmené dans sa voiture. Les 15 Kms qui nous séparaient du village de N’DJILI m’ont paru bien longs. Nous étions arrivés, à perte de vue la brousse, plantée dans un environnement accidenté où l’on distinguait pourtant un plateau, celui du village de N’DJILI, de quelques de cases à peine,en me montrant un coin de brousse, l’inspecteur, avec un sourire de circonstance, m’annonça : mon cher directeur, voici votre école, je vous confie 4 hectares de brousse !

Et il avait ajouté, les plans de votre établissement ne sont pas encore terminés et les travaux ne commenceront sans doute pas avant l’année prochaine. Vous risquez d’avoir des vacances prolongées. Néanmoins, je reste à votre disposition pour vous préparer à vos nouvelles fonctions. Rendez-vous demain à notre Direction Provinciale de l’Enseignement.

 

C’est ainsi que débuta ma carrière africaine et ce conte, où le souvenir des Camps fut omniprésent.

Vêtus de haillons, certains tenaillés par la faim, mais surtout méprisés par les blancs,

sans le moindre respect pour leur dignité, j’avais retrouvé dans ces africains : L’UNTERMENSCH (le sous-homme) que j’avais été dans les Camps nazis !

Dès ce moment, je n’ai eu de cesse de les aimer….Ce conte est leur histoire.

Une Ecole hors du commun.

La première année scolaire de l’Ecole professionnelle de N’DJILI venait de s’achever. Et déjà se profilait la rentrée prochaine et la création des nouvelles sections.

Pour les 72 places prévues lors de sa création nous avions enregistré plus de 1500 candidats ! Certes, j’avais obtenu la création de trois nouvelles sections pour les garçons : mécanique générale, électricité et cordonnerie maroquinerie.

Après bien des difficultés, une classe de coupe et couture réservée aux jeunes filles devait voir le jour à la rentrée de septembre 1956.

La décision avait été prise à la suite de mes visites aux parents d’élèves et du désintérêt de l’administration coloniale pour une éducation des filles comparables à celles des garçons.

Cette initiative allait me réserver bien des surprises. Et une hostilité croissante de la part, non seulement des adversaires de l’Ecole Publique, mais également des milieux cléricaux.

 

Dés la rentrée, les élèves de l’Ecole primaire de la Mission catholique qui jouxtait notre établissement, pour la plupart de très jeunes enfants, avaient jetés des pierres sur nos classes et cassés quelques carreaux, en criant l’Ecole du diable ! !

Si les effectifs des sections de garçons furent très vite atteints, les 30 élèves de la section fille furent plus laborieux à inscrire.

Plus tard, ces élèves m’avouèrent en avoir été dissuadés par la Mission, mais aussi par la peur de ne pas être capable de suivre les cours, tout était si nouveau pour elles.

Je ne devais pas tarder à m’apercevoir de l’indifférence encore plus profonde à laquelle avait été soumise la femme africaine par le colonisateur.

Dès le premier jour de la rentrée, mon professeur de cours généraux, une femme remarquable, excellente enseignante, passionnée par son métier, était venue me trouver, au bord des larmes.

Monsieur le Directeur, je ne sais plus quoi faire ! Mes élèves ne s’intéressent à rien, j’ai beau changer de sujet, leur proposer une promenade pour une leçon de choses, rien n’y fait, je suis désespérée.

 

L’après-midi fut certainement la plus rude de toute ma carrière, et pour elle aussi. J’avais créé cette section dans l’hostilité générale et mon échec était attendu. Fort heureusement, leur comportement était à l’inverse de celui des européens, point de chahut, un calme placide, indifférent, sans la moindre hostilité.

Il y avait dans leurs yeux un fatalisme qui trahissait la lourde hérédité qui pèse encore aujourd’hui sur les femmes africaines.

Ces yeux semblaient dire : pourquoi essayez-vous de nous enseigner tout cela, vous savez bien que nous n’en sommes pas capables, que notre place est au foyer, rien qu’au foyer.

Ainsi se profilait ce que j’avais déjà découvert chez mes garçons, ce complexe d’infériorité vis-à-vis du blanc, véritable frein à un enseignement digne de ce nom.

En favorisant la pratique de disciplines sportives telles que l’athlétisme et les sports d’équipe, où je savais que mes jeunes africains allaient exceller, le but principal que je poursuivais était pédagogique.

Leur permettre de s’affirmer, de réussir dans ce genre d’activités, était la meilleure façon de leur donner confiance en eux, élément essentiel de leur cheminement vers la connaissance.

 

Ainsi ce fut un modeste adjudant européen de la Force Publique du Congo belge, passionné par qui, en assurant bénévolement le soir, les entraînements de mes élèves avaient permis leur réussite scolaire !

 C’était un militaire, et il ne s’est sans doute jamais rendu compte que son action préfigurait

 Ce que chacun espère pour les armées de demain : des soldats de la Paix.

 

J’en profite pour rendre hommage à tous ces blancs qui, dans un contexte peu favorable à de tels sentiments, ont su respecter la dignité de l’homme, et apporter aux noirs (1), ce qui a tant manqué à l’Afrique, un peu d’amour, dans la plus profonde acception du terme.

Ils furent si peu nombreux, qu’ils n’ont jamais pu provoquer la moindre prise de conscience auprès de ceux qui étaient, soit foncièrement racistes ou, pour le plus grand nombre, simplement indifférent, mais une indifférence coupable…Ce qui a évoqué pour moi la situation que j’avais connue pendant la guerre 1939-1945 dans mon pays occupé par les nazis !

 

A cette époque aussi, il y eu un petit nombre de collaborateurs foncièrement nazis, un nombre sensiblement identique de résistants, et enfin le reste, indifférents, à des niveaux divers, qui évoluaient d’ailleurs dans le temps, en fonction des victoires de l’un ou l’autre camp !

Quelques jours plus tard, la situation de la classe des filles n’avait guère changé. Et ce fut notre entraîneur sportif bénévole qui nous a apporté la solution.

Il était arrivé, à la fin des cours, et assistait à la sortie des élèves. Avisant les jeunes filles de la section de coupe et couture, il m’avait dit : quelle musculature, ce sont des sportives nées !

Sur le moment, je ne su que répondre, si ce n’est : cela me semble normal, n’oublies pas que les femmes africaines ont toujours accompli les tâches les plus rudes.

Il s’était étonné de leur port altier, la nuque bien droite et j’avais ajouté : ce sont les femmes qui portent le bois sur la tête, voire l’eau et toutes les charges lourdes. Sans oublier qu’elles ont souvent, en plus, un enfant accroché dans le dos et un à la main. Et j’avais ajouté, afin d’être bien compris : et qui sait, parfois encore un dans le ventre…

Ce fut le déclic, l’inspiration, la solution toute simple devant nos yeux. Pourquoi ne pas les sortir de leur complexe d’infériorité, en leur proposant des activités sportives, comme pour les garçons ?

Sans se décourager, leur professeur avait déjà sauvé la section en se consacrant uniquement, avec sa collègue de travaux pratiques, à la confection de leur uniforme qui, loin d’être celui d’un pensionnat, était confectionné dans du coton pour pagne, aux couleurs chatoyantes de l’Afrique.

 

Elles s’y étaient mises avec ardeur et c’est avec le même état d’esprit qu’elles réalisèrent leur tenue de sport, un short et une chemisette qui leur allaient à merveille.

Leur premier entraînement m’est resté en mémoire, Elles avaient utilisé leur classe comme vestiaire pour revêtir leur tenue de sport. Le temps qu’elles mettaient à sortir me paraissant anormalement long, j’avais envoyé leur professeur les chercher.

Elle m’annonça que les élèves n’osaient pas sortir dans cette tenue ! Et il fallut encore lutter contre cette éducation rétrograde, afin de leur donner le Courage d’affronter cette nouvelle épreuve.

La suite ressemble à un conte de fées.

Leurs résultats sportifs, leur engouement, mais surtout leur décision de s’attaquer à la compréhension des cours généraux, sont autant de faits qui ont façonné l’admiration que je n’ai cessé de porter ainsi que mon épouse aux femmes africaines et ce conte leur est dédié.

 

La pratique de la citoyenneté par l’exercice direct de la démocratie à l’école fut étendue à toutes les classes, elle avait donné aux élèves le sentiment qu’ils étaient capables comme les blancs de leur âge, de s’intéresser à toutes les activités qui développeraient leur personnalité, pour autant qu’on leur en donne les moyens….

Je voulais que mes élèves africains soient mis sur un pied d’égalité avec les Européens. La réponse à ce besoin fut la création de nombreuses activités parascolaires. Notamment, une équipe de fouilles archéologiques, une troupe théâtrale, une équipe de pétanque et surtout un ciné-club, qui est au centre de ce conte et a mis en valeur l’intelligence du cœur africaine !

Le premier film qui fut l’objet d’une introduction et d’un débat au Ciné-Club de l’Ecole fut L’ECOLE BUISSONIERE de Jean-Paul Le Chanois, sorti en 1949, salué par la critique.

Ce film retraçait la vie de Célestin FREINET, un pédagogue français, créateur des techniques qui portent son nom et de diverses initiatives pédagogiques dont les coopératives scolaires, les échange interscolaires, les bibliothèques de travail et l’imprimerie à l’Ecole entre autres.

Le rappel de sa vie qui a servi de scénario au film m’avait touché, notamment par la similitude de nos situations, lui aussi avait souffert de la guerre et de l’incompréhension. Le film était accompagné d’une courte introduction : "en 1920, dans un village de Provence, un jeune enseignant débarque avec ses méthodes modernes et une volonté sans faille. Les élèves sont conquis, mais les parents et notables ne partagent pas du tout cet avis. Une lumineuse histoire d’amitié menée par Bernard BLIER, un beau moment de cinéma".

Ces quelques mots m’avaient frappés, car mes initiatives, fort semblables aux siennes m’avaient attiré déjà bien des ennuis !

Mais le film avait reçu un accueil enthousiaste des élèves, plus particulièrement des filles. Dans ce film, l’histoire mettait en scène, une classe de garçons, celle de FREINET et une classe de filles où l’éducation de l’époque faisait apparaître son caractère rétrograde.

Et ma classe de Coupe et Couture ne s’y était pas trompée. La fin du film avait été particulièrement applaudie et cette scène mérite d’être contée. FREINET, après avoir lutté pour défendre sa pédagogie et malgré la réussite de tous ses élèves au certificat d’études avait été suspendu de ses fonctions et fait

l’objet d’une mutation.

Les dernières images du film m’avaient troublé et ému. C’était ma propre histoire que je revoyais sur l’écran ! FREINET, interprété magistralement par Bernard BLIER qui venait d’être muté, malgré la réussite de tous ses élèves au certificat d’études, était allé dire au revoir à ses élèves.

Comme je fus forcé de le faire en 1959, quatre ans après le début de ma réussite !

Les élèves avaient entouré FREINET et s’étaient mis à chanter :

A la claire fontaine.

Il y a longtemps que je t’aime.

Jamais je ne t’oublierais !

Ainsi, ces enfants avaient compris tout ce que leur instituteur leur avait apporté, sa générosité et n’ayons pas peur des mots, son amour. Ce jour là, mes enfants noirs, avaient compris que l’histoire se répétait en terre d’Afrique.

Ils étaient sortis de la salle, émus et révoltés, stupéfaits que des blancs puissent agir ainsi envers d’autres blancs !

Nous étions en 1956, et le temps passa, jusqu’à cette journée du printemps 1959 ou j’avais reçu, comme FREINET, l’ordre de suspension de mes fonctions !

A plein traitement, c'est-à-dire que rien ne pouvait m’être reproché sur le plan pédagogique, j’étais coté « Elite » par l’inspection de l’administration coloniale !

Mais je ne respectais pas l’éthique d’un fonctionnaire colonial. Il a donc fallu, la mort dans l’âme, me rendre dans cette école surgie en quelques mois de la brousse, qui m’avait apporté tant de bonheur et m’avait permis de comprendre ces enfants

Il a donc fallu, la mort dans l’âme, me rendre dans cette école surgie en quelques mois de la brousse, qui m’avait apporté tant de bonheur et m’avait permis de comprendre ces enfants d’Afrique, qui allaient me donner, à leur tour, des raisons de vivre et d’espérer.

 

Les lignes qui vont suivre sont peut-être la condamnation la plus indiscutable du colonialisme.

Je venais de terminer mes adieux aux classes de garçons.

Je n’oublierais jamais la tristesse de leurs visages, la plupart avaient les larmes aux yeux.

Et je savais que les africains pleuraient rarement, ils cachaient le plus souvent leur peine.

Enfin, je suis arrivé chez mes filles, très ému.

La veille, elles avaient reçu la visite de l’inspecteur, venu les exhorter à poursuivre leurs études comme s’il ne s’était rien passé. Pour la circonstance, elles avaient abandonné leurs uniformes seyants, fruit de leur travail.

Elles étaient toutes, de noir vêtues.

L’inspecteur s’en était inquiété et s’était vu répondre : aujourd’hui, nous sommes en deuil, nous avons perdu notre directeur que nous aimons comme un père.

Je suis entré en classe, elles se sont levées et ont chanté :

A la claire fontaine,

il y a longtemps que je t’aime.

Jamais je ne t’oublierais.

C’est alors que je me suis effondré, envahi, a la fois par la tristesse de l’injustice qui m’était infligée, mais aussi par le bonheur et la fierté d’avoir fait confiance à ces filles d’Afrique capables de tant de compréhension et d’amour.

Epilogue

Nous sommes en 1961, après bien des efforts infructueux, mon ami bantou, Pierre MOMBELE, Chef héréditaire de la tribu des Batékés, devenu Ministre des Travaux Publics du premier gouvernement congolais indépendant, était venu me chercher à Bruxelles.

Il avait obtenu du Ministre belge des Affaires Africaines de repartir avec moi dans son pays, en qualité de conseiller et secrétaire particulier !

A peine arrivé, mon premier soin fut de me diriger vers N’DJILI.

A quelques kilomètres de ce qui était devenu une très grande agglomération, je suis doublé par une voiture qui s’était rabattue et arrêtée sur le bas-côté de la route.

Je n’ai eu que le temps de freiner, et de voir sortir deux jeunes femmes, les bras en l’air, totalement exubérantes !

Elles se sont dirigées vers moi, les yeux emplis de larmes, de bonheur cette fois. Je venais de retrouver mes enfants noirs ( 1 ).

Elles m’ont appris alors, qu’elles avaient créé un petit commerce de couture qui marchait bien et qui leur avait permis de s’acheter une voiture !

Six années à peine nous séparaient de ces 4 hectares de brousse et du pari insensé que j’avais réussi, en appliquant simplement la devise de l’Ecole Professionnelle de N’DJILI, On ne voit bien qu’avec le cœur !

Il est vrai également, que j’avais placé dans mon bureau, bien en vue, cet aphorisme de Romain ROLLAND, qui a toujours guidé ma vie et qui, encore aujourd’hui, pourrait inspirer les relations entre l’AFRIQUE et l’EUROPE voire les peuples d’Europe eux-mêmes !

Car il n’est jamais trop tard pour bien faire :

Frères rapprochons-nous, oublions ce qui nous sépare.

Le seul bonheur durable est de se comprendre mutuellement pour s’aimer.

INTELLIGENCE – AMOUR.

 

François SPIRLET, Mutéké de cœur et d’esprit, dit ASALA KALA et ALEMBA KA TE, par mes amis BATEKE

( 1 ) NOIR est utilisé à dessein, c’était le terme le moins péjoratif utilisé par les blancs !

Une certitude née dans les Camps : l’Amour sera toujours plus fort que la haine !

 

Coordonnées et brève biographie à toutes fins utiles pour transmettre vos réactions, observations voire critiques auxquelles je répondrai volontiers.

 

François SPIRLET

60 Boulevard DEGANNE

F 33120 Arcachon

FRANCE

Tél. : 05 56 54 81 67 et 0033 5 56 54 81 67 Courriel : fspirlet@free.fr

 

Déporté de la Résistance belge (02.03.1943 – 05.05.1945)

Président de l’Association du Devoir de Mémoires

Ancien Professeur à l ’Institut des Arts et Métiers de la Ville de BRUXELLES (1947-55)

Directeur fondateur de l’Ecole Professionnelle de Métiers de N’DJILI au Congo belge 1955-59

Directeur du Service de la Jeunesse et des Sports du KIVU et RUANDA – URUNDI 1959-60

Conseiller et Secrétaire personnel du Ministre Pierre MOMBELE (Gouvernement KAMITATU)

Expert de l’UNESCO en Afrique Centrale et des Grands Lacs (1963-66)

Intervenant dans le cadre de la loi DELORS sur la Formation continue en milieu ouvrier.

A sa retraite en 1987 et jusqu’à ce jour, intervenant en milieu scolaire dans le cadre

du cours d’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale et pour une Europe des Peuples par l’expérience de la Résistance et des Camps.

Chevalier de l’Ordre du Mérite de la R.F.A pour son action du renforcement de l’amitié Franco-allemande parle biais de nos jeunesses respectives.


Patrick Eric Mampouya
http://mampouya.over-blog.com/


 

Par Voix Africaine - Publié dans : Littérature/LITTERATURA - Communauté : Terre d'Afrique
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 18:38

                 

Mille milliards seront injectés pour relancer la croissance et l'emploi. C'est l'annonce faite, le jeudi 2 Avril 2009, du triplement des ressources du Fond Monétaire International(FMI), outre la dénonciation faite, à Lyon, des paradis fiscaux . Quant à l'aide aux Pays Pauvres Endettés(PPE), les Etats Unis se sont  engagés de prendre la tête du dossier.

 

Après ces annonces spectaculaires, l'Afrique  va-t-elle y trouver son compte ?

Toutes ces promesses seront-elles suivies d'effet ?

Est-ce que certaines décisions peuvent profiter à l'Afrique ?

On est en droit de se poser la question de savoir si ce G20  ne s'est pas pas moquer de l'Afrique, particulièrement les Pays de l'Ouest Africain.Car, augmenter les ressources du FMI ou de la BM, est-ce que cela aiderait les problèmes des producteurs africains ? Comment peut-on comprendre  que le G20 prenne des décisions sans consultations préalables avec les pays africains, quand bien même le G20 fut élargi aux représentants du NEPAD, de l'Afrique du Sud, et au Président de la Commission de l'Union Africaine.

 

Tous ceux qui applaudissent ces décisions n'engagent qu'eux-mêmes, car ils savent pourquoi ils applaudissent .

 

Il faut savoir qu'il y a eu la crise énergétique, et on a vu la mobilisation autour de cela; il y a eu la crise financière, avec le même engouement de mobilisation. Quant à la crise alimentaire on a pas vu de mobilisation sérieuse.

 

Augmenter les ressources du FMI ou de la BM ne veut pas dire venir systématiquement en aide aux producteurs africains pour lutter contre la pauvreté.

Quelles sont les véritables plans qui ont été élaborés en faveur du monde rural ? Il ne suffit pas d'augmenter les ressources du FMI pour dire : nous allons lutter contre la pauvreté en Afrique et aider les pays pauvres. Cela constitue une aberration d'excès d'optimisme.

Il eut fallu sortir des plans cohérents pour juguler cette crise alimentaire que nous traversons en Afrique. Il y a eu, par le passé, des promesses d'aides, maintes fois renouvelées. Les besoins du continent africain ne se résument pas uniquement  à l'aide financière.L'Afrique a d'autres préoccupations, d'autres enjeux d'équipement; d'autant que l'aide est très mal distribuée, et ne fait qu'engouffrer les pays dits pauvres dans un cercle infernal. Ce qui nous fait dire, d'ailleurs, que l'aide est un leurre de ce point de vue. Car, il faut savoir qu'il n'y a que le FMI  et la BM qui entretiennent de telle relation. Le réalisme devrait être ceci: c'est que quand vous  empruntez de l'argent dans une institution financière de la place vous avez le droit d'utiliser pour vos projets.Il n'y a que le FMI et la BM qui obligent et qui dictent aux Etats  africains ce qu'il faut faire de ces ressources-là . Les années 80-90 sont jonchées d'obligations de  restructurations budgétaires imposées par le FMI et la BM, qui étaient d'avantage des freins au développement socio-économique des pays africains.

 

Pourtant, beaucoup d'Etats africains attendent,avec beaucoup d'impatience, l'aide du FMI ou de la BM. On l'a vu récemment avec la Côte d'Ivoire qui a été élue pays pauvre  très endetté, et qui va recevoir des fonds à ce titre.

 

L'Afrique était mieux représentée, à Londre, qu'au dernier G20 de Washington, en Novembre dernier: il y avait le Président de la Commission de l'Union Africaine, Jean PING, le Président du NEPAD( Nouveau Partenariat Africain pour le Développement), le Premier Ministre Ethiopien Amel AZENAHOUI, l'Afrique du Sud représentée par son Président MOTLANTE.

 

Avant la tenue du G20, les pays africains avaient lancé un appel pour vendre une partie des réserves d'Or  du FMI. Ce qui était, d'ailleurs, expressément demandé par Jean PING, le président de la Commission de l'Union Africaine. Pratiquement 403 tonnes d'Or vont être vendues, et 6 milliards de dollars vont être dédiés aux pays émergents. Ce qui est important, dès lors, c'est de revoir les conditionnalités qu'il faudra assouplir pour que les pays africains puissent accéder plus facilement à l'aide.

 

Ce G 20 vient de mettre un frein à l'offensive chinoise; de la Chine qui donnait de l'argent aux pays africains sans conditionalité.Et cet argent est directement injecté, à présent, par une contribution massive de la Chine dans le FMI.

 

Par ailleurs, avec ce G20 c'est le G8 qui disparaît, où les pays africains n'étaient pas représentés à la table.

 

On pensait que les pays africains n'allaient pas être touchés par la crise . C'était une mauvaise analyse de la situation économique de l'heure. L'Afrique vit pratiquement des produits d'exportation. C'est l'Occident qui consomment ces produits d'exportation. De ce fait, beaucoup de pays africains ressentent cette crise à travers leur balance de paiement, alors que les produits sont moins demandés sur le marché international.

 

Ce qu'il faut voir et croire, c'est que le FMI et la BM sont entrain de faire des efforts à cet effet, et l'Afrique va accéder rapidement à ces fonds.  «Maintenant,le FMI va se concentrer sur les pays en voie en développement» dixit DSK, Directeur du FMI , déclaration qu'il avait faite au moment de sa prise de fonction au sein de l'Institution Internationale.

 

La question est: Comment le FMI va utiliser cet argent de mille  milliards, et pour qui ?

Il faut savoir qu'il n'est pas utilisé que pour l'Afrique; notamment les pays de l'Europe de l'Est qui vont en bénéficier aussi. Car, certains sont en quasi faillite actuellement.

 

Jean Michel KOUROUMA, Journaliste à RADIO MEGA, Valence 

 

Par Voix Africaine - Publié dans : Aspects économiques, sociaux, politiques - Communauté : Economie et développement
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