Littérature/LITTERATURA

Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 21:56

Auteur: Dr SYLLA TATI IBRAHIM
Nous vous invitons à découvrir la suite du second chapître du manuscrit du Dr SYLLA TATI: KUNDARA.
L'errance d'une Afro Européenne ou l'errance de la Negra Europea.

Après des années passées en Europe, Kundara décide de retourner sur a terre de ses Ancêtres, terre africaine...
Voici le début du premier chapître.
Merci de nous faire part de votre avis, suite à cette première lecture. KUNDARA sera publié bientôt au SENEGAL. Nous recherchons des éditeurs en Europe.
Toutes vos idées, suggestions, critiques sont les bienvenues et attendues. Nous pouvons aussi le réécrire ensemble.
Merci!
Le bénéfice de la vente de ce livre sera versé en intégralité au profit des projets de solidarité en Afrique de la FONDATION SYLLA CAAP.

NOTA BENE: ce manuscrit est protégé par son dépôt enregistré à la SGDL, (Société des Gens de Lettres).
Sa reproduction, même partielle, est strictement interdite

 

Assise face à cet océan

La pensée vagabonde au fil des ondes,

Je me suis mise à écrire…

«  Mur des lamentations ou la descente aux enfers »…

Je me suis mise silencieusement à pleurer avec les Bosniaques…

Ce sont les seuls pleurs

Auxquels les médias m’invitaient à participer de tout cœur,

De toute mon âme,

De toutes mes larmes…

Aujourd’hui, je me retrouvais de nouveau seule,

En larmes, face à cet océan,

Témoin de l’enfer de ma solitude.

Et me laissant happer par la douleur de mes souvenirs,

Je voulais évoquer mes mères…

O mes mères !

O combien les événements d’aujourd’hui

Ont-ils donné raison à Frantz Fanon

Quand il disait à Sartre :

« J’ai cru longtemps que les hommes d’Afrique

Ne se battraient pas entre eux.

Hélas, le sang noir coule

Des noirs le font couler

Il coulera longtemps encore :

Les blancs s’en sont allés

Mais restent leurs complices parmi nous.

La dernière bataille du colonisé contre le colon

Sera celle des colonisés entre eux… »

O mes Mères

J’avais 17 ans

Quelque part à Conakry, Coleah,

Le cœur plein d’espérance

J’avais 17 ans

Pour tout confident et ami

L’océan, splendeur et dignité

L’océan face à moi,

Comme une immensité d’espérance,

Les vagues emportaient mes rêves vers le large,

Au delà du monde…

J’avais 17 ans

Et la radio fredonnait

Les noms de Fidel Castro, Che Guevarra, Mao Tse Toung…

Et la radio marmonnait

Notre libération de l’impérialisme occidental

Surtout américain…

J’avais 17 ans

Et je me surprenais à rêver

Rêver mon continent noir

Unifié, sans esclavage…

Quand ?

Quand ?

Quand ?

J’avais 17 ans

Et j’étais sans destin…

Aujourd’hui

O mes Mères !

Vos enfants se sont damnés

Vos enfants ont trahi vos espérances

Ces enfants sortis de vos entrailles

Ont grugé votre sacralité

Envahis par la médiocrité et la misère

Le cœur ensanglanté par l’ignorance, la bêtise

Du pays de Mobutu

O Zaïre !

République du Congo, dit-on maintenant…

Où en es-tu avec Sesse Seko ?

Maintenant qu’il a rejoint ses Ancêtres en enfer…

Où en es-tu avec le soi-disant sauveur

Laurent Désiré , Kabila du nom,

Qui, lui aussi, après nous avoir grugé,

A rejoint ses Ancêtres,

Nous laissant pour tout héritage

Un fils élevé en dictature…

Du Zaïre au Rwanda

Du Rwanda au Burundi

Du Burundi à l’Angola

De l’Angola au Libéria

Du Libéria à l’Ouganda

De l’Ouganda au Sénégal

Du Sénégal à la Mauritanie,

De la Mauritanie au Soudan,

Du Soudan à l’Algérie

L’Algérie, où la nouvelle mode

Est d’égorger des femmes et des enfants

Au nom d’un soi-disant Allah islamiste

Qui plus est, serait extrémiste ;

Ce Dieu, qui, paraît-il , avait élu domicile en Afghanistan,

Egorgeur de femmes et d’enfants

J’en passe et des pires…

C’est donc à coups de hache

Et autres coupes coupes

Que nous taillons court

Dans notre misère,

Notre inhumanité.

A force de nous entendre dire

A force de nous laisser manipuler

A force de nous laisser tenter

A force d’être une terre de recyclage

Pour ex-para, ex-service secret,

Ex GIA, ex GIGN, SISDE,

Et autres carambouilleurs de coups d’état

Autres déstabilisateurs et autres despotes

A force de désirer être autres que nous-mêmes

En costard et cravate dernier cri

Et autres inutilités, comme notre vie…

A force de nous entendre dire qu’on était sans âme,

Nous nous sommes  rendus effectivement

Et nous sommes devenus par la force des choses

Les pestiférés de l’humanité

C’est à coups de hache

Que nous réglons nos différents soi-disant religieux

A coups de purification ethnique

Mais vous Rwandais, mes frères

Mes yeux asséchés par vos atrocités

Mes yeux se sont à jamais obscurcis

Je n’ai même plus la force de me regarder dans un miroir

Sinon à travers vos atrocités

Je suis devenue l’un de ces cadavres repêchés

Ce cadavre qui flotte, qui flotte sur ce fleuve

Dont je ne veux même plus me rappeler le nom…

J’en suis à me demander, mon âme remplie de doutes,

Si quelques soi-disant Ancêtres bénéfiques n’ont jamais existé

J’en suis à me demander, mon âme remplie de doutes,

S’il existe un Dieu , le Dieu d’Abraham,

Si un Mahomet rédempteur,

Si un Christ

Qui auraient pris en charge à jamais mes péchés

N’étaient seulement que pires fantasmes ;

On a beau me dire

On a beau me répéter sur tous les tons

Que le Christ crucifié en Palestine

Est le même par millions

Qui s’est trouvé coupe coupé

Hacheté, déchiqueté au Rwanda ;

Je doute

Je doute

Je doute

O Rwandais

Pour ne pas dire, O Africains,

O mon Sénégal,

Aujourd’hui, le nord tue le sud

La Casamance veut être une République

Encore une guerre ethnique

Le nord contre le sud

Le sud contre le nord

Le Diola veut se rattacher, à coups de fusil,

A la Guinée Bissau

Le Gambien se veut Londonien

Le Oloof se veut maître de ces lieux

Et tous tant qu’ils sont, à qui mieux mieux,

Violent et assassinent la Mère Afrique.

O Dieu, mon Dieu,

Nous sommes tous devenus

Toutes ethnies confondues

Des assassins en puissance.

Si hier, aux yeux de la plupart,

Je n’étais qu’une moins que rien

De vos atrocités

De votre inhumanité

De votre indignité

Je regrette, du plus profond du peu

Qui me reste d’humain

Qui me reste de sensibilité de femme,

D’être votre semblable,

D’être née de mêmes entrailles

Jadis avec vous je pensais

Qu’un certain Adolf Hitler

Avait commis ces crimes contre l’humanité

Parce que blanc, aryen,

Ne tolérant pas que d’autres

Non créés selon lui, à l’image de Dieu,

Selon son credo de dégénéré

S’était mis à penser, lui et ses acolytes,

Que son Dieu, dans sa miséricorde,

Dans son excès de folie en tolérance,

Avait fini par créer n’importe qui,

N’importe comment et n’importe où,

Et avait fini par peupler cette belle terre aryenne,

De Nègres , de Juifs et autres racailles de toutes sortes,

Et de toutes espèces.

Il fallait donc que lui

Mette de l’ordre dans tout ce foutoir !

Il s’en est chargé et comment !

Et c’est ainsi que l’homme

A pu imaginer et réaliser des fours crématoires,

Des chambres à gaz, des tortures,

Mes chers Rwandais,

A force d’écouter vos conseillers en barbarie

Ces ex-quelque chose

Vous avez, à coups de hachette

Pratiquement humaniser Hitler.

Mes chers frères

Je ne puis m’ôter de l’esprit, cette demande :

Si j’avais été là, à vos côtés,

Tutsi ou Huttu, ou autre encore,

Qu’aurais-je fait ?

Aurais-je été

Coupe coupeur

Ou coupe coupé ?

L’atrocité de vos actes, qui en moi,

Comme un cancer, me bouffe les tripes

Je ne puis m’empêcher de penser

Ce que pense certainement

Tout Sénégalais

Tout Ivoirien

Tout Mauritanien

Tout Congolais

Tout Béninois

Tout Libérien

Tout Zoulou

Tout Xhossa…

En un mot, tout Africain,

Qui suis-je ?

Ai-je un futur ?

Dois-je ou non me méfier de moi-même ?

Dois-je ou non me méfier de mon voisin d’infortune ?

Suis-je ou non seulement une ethnie ?

Si oui, que faire des autres ethnies ?

Que puis-je y faire ?

Que dois-je faire ?

Pour simplement me penser

Tout simplement Africaine ?

O mes Mères,

Qu’avez-vous donc commis

Comme péché originel

Dans le jardin d’Eden

Pour que nous soyons aujourd’hui

Les damnés de tous

Mais, surtout les damnés de nous-mêmes !

Mes yeux taris à jamais

Mon corps, mon cœur et mon âme

Ne pouvant plus être arrosés par mes larmes

Peu à peu se sont asséchés, craquelés

Comme gagnés par le désert.

Je n’ai plus rien à offrir à l’humanité,

Je ne suis plus qu’une réfugiée

Errant dans les forêts affamées

Ne sachant plus qui invoquer

Du ciel ou de la terre.

Même la mort n’est plus une délivrance

Pour moi, pour nous…

L es charognards se sont envolés à jamais

Dédaignant ce peu qui reste de moi.

Avec vos gestes

Vos coupes coupes

Vos atrocités

Mes dernières illusions d’humanistes

Mes dernières illusions

Pour avoir quelque chose d’autre à proposer

A ce monde qui peu à peu

A perdu son âme

Et à cet Occident

Industrialisé, mécanisé, matérialiste, capitaliste

Oui, mes dernières illusions

Sont allées se faire foutre

Chez les Rwandais

Les Libériens

Les Zaïrois

Les Sierra Leonais

Les Soudanais

Les Ethiopiens

Les Erythréens

Les Somaliens…

Ce continent , oublié des dieux

Oublié des siens

Oublié de l’Occident

Ce continent qui a perdu ses vertus de tolérance

D’amour du prochain, de teranga

Ce continent que d’aucuns ont baptisé réservoir du sida

Ce continent où femmes et hommes avaient été réduits à l’esclavage

Ce continent qui a perdu sa culture, sa civilisation

Ce continent que l’on a saigné à blanc

Ce continent dont on a confisqué même le devenir

Ce continent qui s’éteint par la force des choses,

Pour que l’Occident s’illumine et ainsi domine le monde…

Pourquoi tant de destructions,

Pourquoi des milliards de femmes, d’enfants, d’hommes

Sont-ils oubliés ainsi,

Sans destin ?…

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Face à ce grand désastre

Je ne puis que t’implorer

O Soxna Beye

J’avais 17 ans

Tu t’en es allée à l’aube de ma vie…

Tu es partie un matin de déluge

O Grand Mère

Ma solitude

Comme une bombe, fulmine en moi…

O Soxna Beye

Que vais-je devenir

Sans ta sagesse, ton Amour, ta tendresse

Qui m’emmitonnait de bonheur, de courage, d’espérance

J’avais 17 ans

O Soxna Beye

Tu t’en es allée

Tu t’en es allée

A l’aube de mon destin…

Tout a alors basculé.

Ce fut le désappointement de ma vie…

Je prenais conscience

De mon désespoir.

Je n’appartiens pas à la race élue,

La seule créée à l’image de Dieu.

O Grand-Mère

Mon réveil douloureux

Alors pêle mêle

J’entendais parler de

Chu En Lai, Nehru, Sukarno,

D’Houphouet, de Senghor, de Sekou Toure,

Du non alignement, la lutte pour l’indépendance…

O Grand-Mère

Comme tu me manques !

Et dire que c’est à jamais , à jamais…

Quelle désolation…

La douleur, comme une dynamite, explose en moi…

Et c’est encore face à l’océan

Mon confident et ami de toujours,

Que je me remémore

Ton doux et splendide sourire

Ta bonté d’âme

Et surtout la confiance

Que tu avais misée sur mon destin…

O Soxna Beye,

Tes douces paroles en mon âme

Résonnent encore.

Oui, tu me disais :

« Le savoir, la connaissance

Doivent être une libération »

Comme tu disais :

« Un jihad pour toi-même

Sinon mieux vaut l’ignorance »…, disais-tu.

O Grand-Mère

Pourquoi ? Pourquoi 

Ne m’as-tu pas laissé demeurer dans l’ignorance ?

En mon âme

Vibre encore le doux murmure de ton credo

Quand tu me disais :

« Aime toujours et toujours

Car seul l’amour vaut la peine d’être vécu… »

 

« L’amour tout comme la musique

Chasse la haine

Chez ceux qui sont sans amour.

Il donne la paix à ceux

Qui sont sans repos,

Il console ceux qui pleurent. »

 

O Soxna Beye

Ta mémoire berce ma vie à jamais

Et face à l’océan,

Mon confident de toujours,

Je t’implore et te pleure

Comme à l’âge de mes 17 ans…

Par Voix Africaine - Publié dans : Littérature/LITTERATURA
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Mardi 30 mars 2010 2 30 /03 /Mars /2010 01:20

Auteur: Dr SYLLA TATI IBRAHIM
En avant première, nous vous invitons à découvrir la suite du premier chapître du manuscrit du Dr SYLLA TATI: KUNDARA.
L'errance d'une Afro Européenne ou l'errance de la Negra Europea.

Après des années passées en Europe, Kundara décide de retourner sur a terre de ses Ancêtres, terre africaine...
Voici le début du premier chapître.
Merci de nous faire part de votre avis, suite à cette première lecture. KUNDARA sera publié bientôt au SENEGAL. Nous recherchons des éditeurs en Europe.
Toutes vos idées, suggestions, critiques sont les bienvenues et attendues. Nous pouvons aussi le réécrire ensemble.
Merci!
Le bénéfice de la vente de ce livre sera versé en intégralité au profit des projets de solidarité en Afrique de la FONDATION SYLLA CAAP.

NOTA BENE: ce manuscrit est protégé par son dépôt enregistré à la SGDL, (Société des Gens de Lettres).
Sa reproduction, même partielle, est strictement interdite.

(Pour lire le début du premier chapître)

SECOND CHAPITRE

 

Errant au hasard des chemins,

Je me retrouvais de nouveau sur le bord de mer…

Laissant la grand ville tumultueuse,

Ses cabanes de planches

Dans les quartiers à la périphérie,

Son centre ville défraîchi,

Grand ville à cœur meurtri…

 

L’océan vrombissait derrière moi,

Refoulant mes souvenirs sur la grève…

Je me décidais à faire quelques pas,

Les poings fermés dans les poches,

La pensée vagabonde au fil des ondes

Goûtant malgré tout

L’espace d’un fugitif instant,

La fraîcheur des embruns…

 

Je ne pouvais m’empêcher

De me remémorer d’autres lieux…

Là bas, en Occident,

A Etretat, en Normandie, en Bretagne, en Méditerranée,

Marseille et ses îles merveilleuses, Ratonneau, Château d’If et Pomègues…

Malheureusement souillées aujourd’hui

Par les marées noires de la civilisation du gain,

Civilisation du paraître

Civilisation du non être

Cette civilisation kleenex, usée et jetée…

Ces plages dépotoirs d’armes en tout genre…

Cet Occident, pourtant si cher à mon esprit…

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Immergée dans mes pensées

Je ne pouvais me résoudre à l’idée

Que ma Mère Afrique soit oubliée des dieux

Et surtout des hommes

Je ne pouvais me résoudre à l’idée

Que les journalistes

De cet Occident qui compte

De cet Occident, qui par sa puissance, domine tout

Feignent si facilement d’ignorer

Enfants, femmes, hommes de ce continent africain,

Continent quasi rayé de la face du monde médiatique…

17

O Sarajevo,

Tu as défrayé la chronique

Chronique de douleurs, de souffrances et de morts…

Certes, de temps à autre,

On parlait des casques bleus en Ethiopie

Ou des guerres en Somalie, du Soudan du Zaïre, ou du Darfour,

Sans oublier le Libéria, l’Angola, le Rwanda, le Mozambique,

Ou ces morts dans les townships de Sud Afrique…

Mais ce n’était point cela qui était important

Pour les grands lecteurs

Pour les grands occidentaux si puissants et si dominateurs

Le flash à sensation

C’était toi, ô Sarajevo,

J’ai pleuré devant mon poste de télé

Ecoutant le concert de Barbara Hendrix

Voix grandiose, tendre et émouvante…

J’ai pleuré

Quand j’ai vu les yeux pleins de larmes de Kuchner…

Comme un feedback, j’ai vu un instant,

Ma terre Afrique

Douloureuse dans sa misère…

Et je me suis mise à écrire…

Aurais-je pu écrire à Kuchner ?

Son cheminement m’interpellait…

Sa présence à Sarajevo ?

Là où se trouvaient les médias,

Là où résonne le son assourdissant du tam tam de la renommée et du paraître

Est présent le grand sire du verbe

Afrique, pauvre Afrique

Non fai notizie… !

En d’autres termes,

Au chevet de l’Afrique qui se meurt, point de médias…

Je ne pense pas que le protagoniste de l’opportunité,

Je veux dire Bernard Kuchner,

Ait un intérêt quelconque

Pour ma terre africaine…

Je n’ai plus d’espérance

Ni pour l’Afrique, ni pour moi-même…

J’aurais peut-être pu écrire à l’Africain Butros Butros Ghali

Pour lui dire quoi, en fait, qu’il ne sache déjà… ?

Peut-être qu’un jour

Il faudra quand-même que je me décide à implorer Barbara Hendrix

Pour qu’elle vienne chanter ma terre Afrique

Ma terre

Où l’inespérance, la famine, la sécheresse

Font redouter le pire des pires :

La guerre des gueux…

L’Afrique du grand continent martyr

Le plus grand martyr que le monde ait connu

Pour l’instant on m’invitait seulement à pleurer pour Sarajevo

Et je l’ai fait à chaudes larmes…

Peut-être aussi comme l’ont fait avec moi

Les soit disant grands de ce monde

 

La grand ville aux quartiers délabrés

Aux senteurs nauséabondes

Les poubelles éventrées

La plage parsemée de détritus

Grand ville à cœur meurtri…

 

Bientôt, la suite du second chapitre!

Par Voix Africaine - Publié dans : Littérature/LITTERATURA - Communauté : association culturelle
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 21:08
Amadou Lamine Sall est l'un des plus importants poètes de l’Afrique francophone contemporaine. Léopold Senghor a dit de lui qu’il était le poète le plus doué de sa génération.

Né en 1951 à Kaolack, Sénégal, Amadou Lamine Sall est le Fondateur de la Maison Africaine de la Poésie Internationale, et il préside aux destinées de la Biennale internationale de poésie à Dakar, au Sénégal. Lauréat du Grand Prix de l'Académie française, il est l'auteur de nombreuses anthologies de poésie qui ont été traduites en plusieurs langues. Il a en octobre 2008 écrit plusieurs poèmes sur Arthur Rimbaud alors qu'il était en résidence au sein de la Maison Rimbaud à Charleville-Mézières, grande capitale mondiale pour les poètes. Amadou Lamine Sall écrit toujours ses poèmes en vers libres, avec très peu de ponctuation.

La poésie d'Amadou Lamine Sall figure au programme de nombreuses universités dans le monde. Son écriture fait également l'objet de plusieurs thèses de doctorat.

(source:WIKIPEDIA)

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photo wikipedia

Je vous invite à consulter le blog de notre ami Dominique BEAUMONT qui a écrit un excellent article sur ce grand poète et qui vous propose un texte de Lamine Sall:

 LES VEINES SAUVAGES

Par ailleurs le blog de Dominique BAUMONT est un carnet de voyages passionnant pour qui aime  l'AFRIQUE: A consulter sans modération!
Dominique Baumont
Par Voix Africaine - Publié dans : Littérature/LITTERATURA - Communauté : association culturelle
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 23:23

Auteur: Dr SYLLA TATI IBRAHIM
En avant première, nous vous invitons à découvrir la suite du premier chapître du manuscrit du Dr SYLLA TATI: KUNDARA.
L'errance d'une Afro Européenne ou l'errance de la Negra Europea.

Après des années passées en Europe, Kundara décide de retourner sur a terre de ses Ancêtres, terre africaine...
Voici le début du premier chapître.
Merci de nous faire part de votre avis, suite à cette premiüre lecture. KUNDARA sera publié bientôt au SENEGAL. Nous recherchons des éditeurs en Europe.
Toutes vos idées, suggestions, critiques sont les bienvenues et attendues. Nous pouvons aussi le réécrire ensemble.
Merci!
Le bénéfice de la vente de ce livre sera versé en intégralité au profit des projets de solidarité en Afrique de la FONDATION SYLLA CAAP.

NOTA BENE: ce manuscrit est protégé par son dépôt enregistré à la SGDL, (Société des Gens de Lettres).
Sa reproduction, même partielle, est strictement interdite.

(Pour lire le début du premier chapître)
KUNDARA, suite du premier chapître.

 

O toi le nanti, le privilégié, le puissant,

Homme et blanc, quoi !

L’immigré devant ta porte,

Ta porte barricadée, fermée à triple tour,

Entourée de fils de fer barbelés,

Les gendarmes, mitraillette au poing,

Qui te gardent et qui me regardent,

En chien de faïence,

Moi l’immigré

Pour mieux me faire comprendre

Que je ne dois point m’approcher

De ton pain quotidien,

O toi le nanti,

Qui chaque matin,

A le droit de gaspiller

Des litres de ce liquide précieux

Que te dispense sans compter

La Compagnie Générale des Eaux

Pour te raser la barbe,

Des litres et des litres

Qui suffiraient à abreuver

Une famille de Nègres

Perdue quelque part dans la savane,

D’un village du Sahel ;

O toi le nanti,

Qui chaque week-end, baigne ta voiture

De cette eau précieuse,

Qui aurait pu donner vie et espérance

Au village de cette immigrée que je suis,

Moi cette immigrée

Qui sur les chaînes de montage

Ai fabriqué ta voiture,

Pour une bouchée de pain,

A la sueur de mon front.

Moi cette même immigrée

Qu’aujourd’hui, tu rejettes

Au delà de ta porte

Parce que je ne te sers plus.

Les robots ont pris ma place

Chez Renault, Citroën et ailleurs…

Eux au moins n’aggravent pas

Le trou de la Sécu et des allocs…

O toi le nanti,

Béni des dieux,

Savoure ta victoire

O toi le nanti

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Ainsi soit-il…

Le Christ est avec toi…

 

 

 

 Sur la plage

 

J’étais assise depuis des heures,

Dans ce jardin,

Et cherchant à deviner ce qu’il pouvait y avoir,

Au delà des dunes là bas,

Je me disais que de toutes façons,

Il n’y avait même plus de destin pour m’apprendre…

Toutes ces années de l’autre côté de l’océan

Avaient été souillées de scènes quasi-quotidiennes

« D’un monde putréfié par la haine »,

J’avais espéré pouvoir oublier

Tous ces outrages.

Mais aujourd’hui,

Il me fallait vivre avec tout le poids de ce passé,

Comme unique héritage de ces années d’errance,

Et avancer malgré tout vers ce que je soupçonnais déjà…

 

Les minutes, les heures s’égrenaient,

Et, les yeux rivés sur mon passé,

Je ne pouvais me résoudre encore à me lever.

J’avais bien cru,

Oui, guidée par ma naïveté,

J’avais cru,

Que mon retour effacerait du même coup

Les effluves de souvenirs si âcres…

Mais il n’en était rien…

Au contraire…

C’était toute une frénésie d’événements

Qui se bousculaient dans ma tête :

Régénérescence de mes doutes, de mes craintes…

Comme de mes fols rêves…

 

Amer constat…

Ces exclus de l’Europe

Victimes des outrages d’une société qui a perdu ses repères

Ces exclus, toujours les mêmes, mis à l’index,

Ces différents,

Qu’un parti qui se veut national,

Voudrait bien parquer dans un ghetto,

Voire dans des chambres à gaz…

Oui, ces exclus,

Gueux , miséreux,

Ces damnés de la société,

Parce que juifs, noirs, drogués,

Clandestins, femmes, loubards,

Clochards, siero-positifs,

Ces outrages se vivaient souvent dans les scènes les plus insignifiantes…

Et pour moi,

Chaque jour revêtait son lot d’insultes…

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L’histoire de l’humanité sera-t-elle toujours ainsi

Guidée par cette lente et sournoise phobie

Du plus fort, du plus vil,

Laissant le petit se contenter d’être manipulé,

Dans le meilleur des cas ?…

 

Je ne pouvais ne pas penser à tout cela,

Même à des milliers de kilomètres…

Je portais ce poids sur moi…

 

 

 

 

 

Deux mille ans

Déjà, et pourtant

Il y a encore et toujours

Le peuple qui pleure

Des milliards

De femmes , d’enfants, d’hommes,

Qui meurent,

Chaque jour,

Qui de faim,

Qui de soif,

Qui d’injustice,

Dans l’indifférence

Du peuple qui rit

Drapé dans son superflu.

Laissez venir à moi

Les sans logis, les miséreux

Les éternels derniers, les gueux,

Les damnés de tous les mondes,

Laissez-les venir à moi,

Car le Royaume des Cieux, disaient-ils,

Est à eux.

Deux mille ans déjà

Et pourtant

Il y a encore et pour toujours,

Un peuple qui rit,

Drapé dans son superflu,

Dans ses supermarchés, dans ses super-arnaques.

Sadisme ?

Même pas !

Deux mille ans , déjà…

Hier esclave…

Aujourd’hui, immigré clandestin,

L’immigré, le damné de toujours

Fuyant sa misère de tous temps et en tous lieux,

Se retrouve

Dans le pays de l’opulence,

Confronté à la haine,

De ceux qui ont découvert

Comme par enchantement

La préférence aryenne,

L’identité nationale,…

Le gueux du temple,

Le peuple du grand silence

Se berce de son désespoir

Dans le XXème, le XVIIIème,

Et autres banlieues de triste renommée…

Même pas Milan, Rome ou Turin,

Et Florence, mes aïeux,

Même pas Florence ;

Triste époque…

Tu ne trouves nulle part

Compréhension.

L’ex-immigré du sud,

L’ex-immigré du nord,

Le Rital d’hier,

Pour les Parigots de tous temps,

Plus bêtes que méchants,

Mais qui sait ?

Eh oui, le Rital d’hier

Te claque la porte au nez,

Te traitant

O mon damné bien aimé,

De sale Nègre…

Quelle tristesse…

Laissez venir à moi

Les immigrés, les clandestins, les sans papiers…

Les harkis, les bougnouls,

Les beurs, les métèques,

Les sans-logis, les damnés du monde

Occidental, s’il vous plaît,

Car ils sont

Les bien aimés du Père.

 

A Carcassonne,

Dernier spectacle

D’un triste samedi soir,

Des paras en manque d’émotion,

Des paras en mal d’Irak,

Des paras laissés pour compte

Dans leur caserne d’ennui…

Il faut bien

Qu’ils prennent plaisir

Là où ils le trouvent…

Peu chère,

Il faut bien que jeunesse se passe…

Et si c’est sur le dos des Arabes,

C’est optimal…

Des Arabes, ici où là bas,

Kif kif bouriko,

Par les temps qui courent,

Casse du bougnoul,

C’est aussi, c’est surtout

C’est toujours passer du bon temps…

Donc mes chers chérubins, aryens,

Amusez-vous

Comme vous pouvez…

Il faut bien que jeunesse se passe…

Et pendant ce temps-là,

L’immigré, le damné

De tous les mondes,

Face à l’infini,

Le regard tantôt tourné

Vers l’infini océanique,

Se murmurait à lui-même,

Comme l’on récite,

Au nom du Père, du Fils et du Sans Esprit,

O toi le grand responsable

O toi le divin de mon premier souffle,

Dire que si tu avais pu

Ne point faire de moi

Un potentiel de vie

De quelque nature que ce soit,

Alors j’aurais pu

Etre

Le non être

Le plus heureux

Dans le meilleur des mondes impossibles…

O toi qui es censé être

Le créateur

De moi et des autres,

Si tu avais eu

Pour ce qui me concerne,

Une toute petite perte de mémoire,

Et me laisser

Dans ce qui fut

Ma non existence

Ma non matérialité…

O toi l’infaillible,

J’aurais alors été

Le non potentiel de vie,

Le plus heureux

Du monde des injustes…

Alors certainement,

O toi le divin infaillible,

Moi le non être

J’aurais mieux cru en toi.

Et pas seulement moi…

Laissez venir à moi

Les sans-logis, les miséreux,

Les éternels derniers, les gueux,

Les damnés de tous les mondes,

Laissez- les venir à moi…

Car le Royaume des Cieux est à eux…

Mon Seigneur,

Toi, qui soi-disant, nous a envoyé

Ton fils, pour nous sauver,

Toi mon Seigneur, le rédempteur,

Toi le Seigneur des seigneurs,

Qui a affirmé au sommet du Golgotha,

Laissez-les venir à moi…

Car le Royaume des Cieux est à eux…

Mais l’as-tu seulement affirmé

Ce grand jour,

Au sommet du Golgotha ?

Est-ce bien vrai que tu as dit

Que les premiers d’aujourd’hui

Seront les derniers

Là bas dans ton royaume ?

Où dois-je encore soupçonner une arnaque ?

Une façon de me dorer la pillule,

Pour mieux me la faire avaler,

Au point de m’étrangler…

Laissez-les venir à moi

Laissez-les venir dans mes bras

Laissez- les venir à mes côtés…

Tout autour de moi…

Car le Royaume des Cieux

Et pourtant…

J’aimerais tellement croire

A ces paroles d’espérance…

Mais il y a

Ces atrocités…

Qui peuplent mon destin…

Et qui me font trébucher…

A chaque fois

D’un pas décidé,

D’un pas que je voudrais résolu…

Je me dirige vers toi,

O mon Seigneur,

Voilà que se présentent des obstacles

Telles des montagnes infranchissables,

Ces atrocités

Qui peuplent le quotidien des Nègres,

Et qui, par la force des choses,

Me font douter

De tes paroles d’espérance,

O mon Seigneur,

Et qui me font dire,

O sacrilège,

Que peut-être mon suprême salut

N’est pas en ton pouvoir…

Et alors le doute

Gangrène mon espérance en toi…

O mon Seigneur… !

 


 

 

Par Voix Africaine - Publié dans : Littérature/LITTERATURA
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /Jan /2010 00:39
Le mot apparaît en 1935, grâce à trois intellectuels , influencés par le surréalisme:
- AIME CESAIRE
Martiniquais
2481695532_bdf4383c0f.jpg
- LEON GONTRAN DAMAS
Guyanais
damas
photo Présence Africaine

- LEOPOLD SEDAR SENGHOR
Sénégalais
leopold sedar senghor
photo Editions du Seuil

DEFINITION DE LA NEGRITUDE:
Affirmation de l'identité noire.

Il s'agissait de rejeter l'assimilation, par une prise de conscience identitaire.

Au moment de la décolonisation, après la seconde guerre mondiale, la notion de négritude prend toute sa valeur, promue par la revue Présence Africaine, ( Alioune Diop); ensuite ce sera Jean Paul Sartre qui en présentera les enjeux littéraires et philosophiques, (voir sa préface de l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française, publiée en 1948 par Senghor.)

Aisha SYLLA

source: Hors série LE MONDE , où en est la France d'Outre Mer?
Par Voix Africaine - Publié dans : Littérature/LITTERATURA - Communauté : association culturelle
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